Tiliqua scincoides et ses sous-espèces : Description, répartition et biotope.

Voici un aperçu de la différenciation des sous-espèces de T. scincoides...

Tiliqua scincoides est réparti en 3 sous-espèces :
· Tiliqua scincoides scincoides (HUNTER 1790). SLB commun, ou SLB de l’est.
· Tiliqua scincoides intermedia MITCHELL 1955. SLB du nord.
· Tiliqua scincoides chimaerea SHEA 2000. SLB de Tanimbar ou SLB de Sunda.

Tiliqua scincoides est un lézard cylindrique au corps lisse et trapu, la queue est courte puisqu’elle représente 60% de la longueur museau-cloaque (soit un peu plus d’un tiers de la longueur totale de l’animal). La tête est arrondie, les pattes courtes. La coloration des pattes arrière est brune à grise marquées de taches irrégulières noires sur al majorité de leur surface. Les pattes avant sont blanches à beige dans la partie intérieure et plus sombre sur la partie extérieure mais dépourvues de taches bien contrastées comme à l’arrière. Cette espèce atteint 35 à 55 cm selon les sous-espèce, T. s. intermedia étant la plus grande avec des records frôlant les 60 cm. Le dos et la queue sont parsemées de larges bande sombres transversales qui vont d’un flanc à l’autre. Hormis chez T. s chimaerea, ces bandes ne sont pas toujours symétriques, elles sont parfois, même souvent, décalées avec pour axe la colonne vertébrales. La nuque est parcourue de lignes lo,ngitudinales fines et sombres.

Tiliqua gigas et Tiliqua scincoides sont les plus répandues en captivité. Il y a parfois amalgame et confusion entre ces deux espèces. Pour ne pas confondre un T. scincoides d’un T. gigas, regardez surtout les pattes avant : Couvertes de dessins et marques noires chez T. gigas et non chez T. scincoides, chez qui elles sont gris clair à foncé sans marques contrastées. Les bandes dorsales sont plus minces chez T. gigas et surtout, la queue est beaucoup plus longue que chez T. scincoides. Attention également à la variété dite « Irian jaya » souvent attribuée à Tiliqua scincoides et notée Tiliqua scincoides ssp. « Irian jaya ». En fait, officiellement cette espèce n’est pas encore décrite, l’écriture correcte serait Tiliqua sp. « Irian Jaya ». Aucune sous-espèce de Tiliqua scincoides ne vit en Nouvelle-Guinée !

Tiliqua scincoides scincoides :

Le dos est parsemé de rayures transversales larges et sombres dont la forme et le contraste diffèrent selon les spécimens, on compte habituellement 4 à 10 bandes dorsales et 5 à 16 sur la queue.
Une bande brune à noire peut se voir derrière l’œil au niveau de la tempe. La présence de cette bande noire est un signe infaillible qu’il s’agit de T. scincoides scincoides, mais certains spécimens n’en possèdent pas ! Il semble que cette bande temporale soit une caractéristique des populations du sud de la répartition.
La coloration de fond est blanc à beige. L’agencement des bandes et leur épaisseur varie selon les spécimens, mais de manière générale : au niveau des flancs l’intérieur des bandes est coloré d’orange à jaune, alors que vers le dos elles redeviennent brunes ou noires. Le ventre est blanc et moucheté de noir ou brun.
Il atteint 45-50 cm en moyenne (taille museau cloaque max : 371mm), la queue est assez courte (en comparaison avec T. gigas). Le poids varie beaucoup selon les spécimens : entre 350 et 500 grammes. En-deça de ces limites il y a un problème de poids.

Le ventre est de coloration sable à rose uniforme. La gorge est jaune à beige, parfois parsemée de petites taches sombres.

  

Photos: A gauche: T. scincoides scincoides "à bande temporale" (Photo V. Noël). En bas: Sujet sans bande temporales (Zach Griffith)

 



Tiliqua scincoides intermedia :

Plus trapu, la tête très large à la base chez les adultes, on reconnaît cette sous-espèce surtout à la coloration des flancs, entre les bandes transversales, qui vire au jaune voire orange de manière plus prononcée que chez la sous-espèce précédente. Cette teinte peut monter jusqu’au niveau du dos. Le dessus de la tête est de teinte claire.
La coloration à l’intérieur des bandes est inversée par rapport à T. s. scincoides. Les bandes transversales ont au milieu du dos claires entourées de noir puis deviennent noires au niveau des flancs, entre les bandes on note une coloration jaune à orange qui chez T. scincoides scincoides se situe uniquement sur les flancs et dans le prolongement des bandes dorsales.  On dénombre 9 à 22 bandes sur la queue et 5 à 12 bandes sur le dos. Il n’y a jamais de bandes temporales.
Il atteint 50-55 cm (371 mm max. du museau au cloaque). Il y a de fortes différences entre populations, notamment la variété dite de Kimberley qui arbore des motifs mouchetés à la place des rayures surtout au sommet du dos et sur la queue voire sur tout le corps.
Le ventre est blanc à jaune, parfois marqué de bandes plus sombres mais peu prononcées.

 

Deux beaux adultes de T. s. intermedia (Donna Fitzgerald)

 

Jeune T. s. intermedia (Karim Daouès)



Tiliqua scincoides chimaerea

C’est la plus petite sous-espèce, elle ne dépasse pas 35-40 cm (269 mm de longueur museau cloaque moyenne). Absence de bande temporale. Il grandit très lentement par rapport aux autres Tiliqua. Les bandes transversales sont unies et peu contrastée (surtout chez les adultes) et plus fines. Le ventre est unicolore (blanc à gris pale).
Il existe deux colorations du SLB de Tanimbar : La variété « silver », à savoir argentée et la coloration « yellow » ou « gold » à savoir jaune ou dorée. Certains spécimens de la variété argentée ont la particularité d’avoir des yeux bleus-gris très jolis. Le corps est coloré de différentes gradients de gris (certains sont tellement clairs qu’on pourrait les prendre pour des albinos ou des leucistiques ! D’où des petits malins qui en profitent.) Alors que la variété jaune a une coloration de fond beige à jaune et est rayée de brun clair.
La coloration jaune de certains juvéniles tend à devenir grise alors que chez d’autres elle se maintiendra à l’age adulte.
Contrairement aux deux sous-espèce précédentes, le ventre est parsemé de taches sombres.


Adulte forme argentée (silver) - Zach Griffith.

Sub-adulte changeant de couleur, étant jaune il devient de plus en plus argenté. (photo V. Noël)

Plus de photos dans la galerie photos!!!

 




II : Répartition et biotopes de T. scincoides.


 

Pour en savoir plus sur les conditions climatiques, voir l'article sur les climats d'Australie (lien interne) ou sur ce site: Lien externe.

Pour plus d'images de paysages et de biotopes, voir la galerie photos.

L’espèce fréquente des climats (équatorial à tempéré) et biotopes variés et montrent une forte capacité d’adaptation. Elle fuit néanmoins les zones extrêmes : déserts, forêt dense et montagnes. Contrairement à une idée trop répandue, ce ne sont pas des animaux vivant dans les déserts contrairement à T. occipitalis ou T. multifasciata. Leur type de végétation recherchée est proche de celle de nos lézards du genre Lacerta: Abord des forêts, prairies, bermes, rocailles… Ce sont des lézards qui ne quittent jamais le sol et recherchent des abris sous les souches, dans les terriers, sous les rochers ou dans le tapis de feuilles mortes. Ce sont des solitaires, volontiers fournisseuses, connus pour leur courage face aux prédateurs, se servant de leur langue comme arme de défense. Mais cette langue est aussi un organe olfactif très performant.

NB: Les saisons mentionnées ici sont les saisons australes, à savoir inversées par rapport aux saisons de l'hémisphère nord.

·        HIVER = Juin à Septembre

·        PRINTEMPS = Septembre à décembre.

·        ETE = Décembre à mars.

·        AUTOMNE = Mars à juin..


    T. scincoides scincoides

 
Nommé en anglais "eastern blue tongue skink" ou "Common blue tongue skink". Tiliqua scincoides scincoides vit dans une large zone qui longe tout le littoral est de l’Australie, depuis la péninsule du Cap York jusqu’à l’extrême sud-est de l’Australie. On le trouve à l’est des états du Queensland et de Nouvelle-Galles du sud, ainsi que la moitié orientale de l’état de Victora et le sud de l’Australie méridionale. La côté est de l’Australie est une zone de plaine, une chaîne de montagnes (Great Divining range ou cordillère australienne) de moyenne altitude (500-1000 m, très localement plus de 1500 m) longe toute la côte du nord au sud. C’est la zone la plus peuplée d’Australie et regroupant toutes les grandes villes : Sydney, Melbourne, Canberra la capitale, Cairns, Townsville ou Adélaïde. La zone de répartition de T. s. scincoides fait 3000 km du nord au sud, elle est coupée en son milieu par le tropique du capricorne et va du 12° au 38° parallèle sud. En largeur en revanche elle ne dépasse pas 700 km, depuis la côte est jusqu’au début des déserts du centre de l’île. La zone de répartition est coupée au sud, elle s’interrompt à la limite de l’état de Victoria pour reprendre plus à l’ouest, au nord d’Adélaïde.

 

La longue répartition nord-sud de cette sous-espèce fait que les populations de T. s. scincoides vivent dans  de nombreux types de climats : Le nord est résolument tropical avec deux saisons très marquées : Saison très chaude et humide en été, saison sèche et chaude en hiver. Lors de la saison sèche, en hiver, les scinques ralentissent leur activité comme beaucoup de reptiles de la région car les ressources alimentaires sont plus rares malgré que la température soit propice à l’activité métabolique. En descendant vers le sud, les températures se rafraîchissent l’hiver, mais l’été reste chaud et relativement humide. A partir de Sydney les températures hivernales ne permettent plus une activité normale en hiver et les animaux entrent en léthargie. Enfin, l’extrême sud de la zone de répartition de T. s. scincoides est un climat de type méditerranéen : Hiver doux à frais et humide, été chaud et sec. On passe donc du nord au sud d’un climat tropical très chaud à un climat tempéré doux.

 

Tiliqua scincoides intermedia :


 Nommé « northern blue tongue skink » à savoir Scinque à langue bleue du nord, sa zone de répartition est plus restreinte.

On rencontre cette sous-espèce dans les plaines et plateaux du nord tropical-humide de l’Australie : nord de l’Australie occidentale, nord des territoires du nord et extrême nord-ouest du Queensland. Cette sous-espèce vit dans les régions des Terres d’Arnhem, des plateaux de Kimberley (et sa population spécifique) ainsi qu‘autour du golfe de carpentarie.

Le climat est tropical, très chaud et humide en été (75% des précipitations tombe en cette période), chaud et sec en hiver. Il existe de nombreux biotopes, entre les marais (Parc de kakadu), les forêts tropicales humides (littoral du Gofle de Capentarie), les prairies et broussailles au sud et enfin les forêts d’Eucalyptus. Mis à part les marais et les forêts épaisses, T. s. scincoides vit dans à peu près tous les biotopes. Il n’hésite pas non plus à fréquenter les jardins publics ou privés et les cultures, ainsi qu’en ville. Héliophile lui aussi il préfère les forêts ouvertes ou les rochers où il peut profiter du soleil. Au sud de la zone de répartition, imitée par l’apparition des zones semi-arides, il côtoie Tiliqua multifasciata, c’est le seul représentant du genre Tiliqua avec lequel il vit en Sympatrie. Si en captivité T. s. intermedia est un animal docile, il se montre agressif dans la nature chargeant tout ceux qui tentent de le saisir.

Ces reptiles sont actifs toute l’année, néanmoins en hiver (juin-juillet), lors de la sécheresse et même si le températures restent élevées, ils marquent une période d’activité ralentie (la nourriture est également plus rare). Ils passent alors beaucoup de temps dans des terriers au frais (où il peut faire jusque 9°C en-dessous de la température extérieure) pour économise au maximum leurs réserves ; le métabolisme naturellement lent des Tiliqua leur permet de rester inactifs longtemps. Les accouplements se déroulent au retour de l’humidité, à la fin de l’hiver austral : Août-septembre. Les juvéniles naissent au bout de 3-4 mois, lors de l saison de pluies apportée par les reste de la mousson asiatique, en décembre et janvier.

Voir des courbes climatiques du nord et de l'est de l'Australie : Cliquez ici: http://www.meteo.fr/temps/monde/climats/2-2/9-7.htm

Biotope de T. s. intermedia (Photo J-P Paris)


Tiliqua scincoides chimaerea :


C’est, officiellement, la seule sous-espèce présente hors de l’Australie. C’est une espèce endémique de l’île Tanimbar et de l’île Babar (Maluku, Indonésie), des îles situées entre Timor, Irian-Jaya et l’Australie. Longtemps cette sous-espèce (dont le premier spécimen fut décrit en 1926) resta longtemps sans nom, oscillant entre T. gigas et T. scincoides car elle possède des caractères communs aux deux espèces.
Cette sous-espèce est très atypique. C’est en effet une espèce classiquement agressive et qui grandit moins vite que les autres sous-espèces.
 

Les îles Tanimbar :
Province indonésienne de Maluku.

Superficie : 5440 km² (pour comparaison, la superficie de la corse est de 8722 km²) - 61 000 habitants .

Situation : Au sud de l’Indonésie, entre Timor et Irian Jya (Nouvelle Guinée), au sud de îles Kei (terres de Tiliqua gigas keiensis) et au sud-ouest d’Aru. Juste au dessous de l’équateur à 7° sud de latitude et 131° le longitude (au cas où vous voulez y aller en bateau !) C’est un ensemble de 30 îles autour de l’île principale : Yamdena (3200 km²) où se trouve Saumlaki, le chef lieu. C’est une île plate (240 m d’altitude max.) parsemée de petites collines, de nombreuses rivières et de mangroves. Les plages sont d’un sable blanc et fin paradisiaque ! C’est la paradis des palmiers (Nyca, Oncosperma…). Les forêts du centre sont aujourd’hui préservées par le gouvernement indonésien, elles représente encore une grand partie de l’île de Yamdena. Le reste de l’île est parsemé de cultures ou de zones proches de la brousse. Il y existe de nombreuses espèces d’orchidées endémiques.
La faune reptilienne se compose de Crocodiles marins (Crocodilus porosus) ainsi que de varans qui sont un des prédateurs de T. s. chimaerea. On trouve aussi une espèce de Python, Morelia nauta, endémique de cette île.

Climat :
Le climat est de type tropical à deux saisons. Le sud-est de l’Indonésie est exposé à des saisons beaucoup plus tranchées que la partie centrale et occidentale où la saison sèche est insignifiante et les précipitations trois fois plus abondantes. En été, on note une saison sèche où les précipitations sont très faibles, mais cette période est courte car du mois d’octobre à mai, la saison des pluies s’étend. Néanmoins cette saison des pluies reste modeste, il ne s’agit pas d’un milieu équatorial très humide (comme par exemple une île située plus au nord : Ambon) car la zone n’est pas touchée par la mousson de manière aussi abondante que plus à l’ouest ou au nord. Les températures sont en permanence élevées. Le climat est proche de celui de l’extrême nord d’ l’Australie ou le sud d'Irian Jaya (Merauke). La moyenne annuelle des précipitations est proche de celle du Finistère.

T. scincoides chimaerea vit donc dans un biotope très fournit en végétation, chaud et relativement humide une partie de l’année. L’été sec correspond à une période d’activité moindre pour la flore et la faune locale. Les températures sont très équilibrées tout au long de l’année, mais l’arrivée de la saison des pluies en automne marque le retour à une forte activité et notamment les accouplements pour T. s. chimaerea.

Sources:

  • "Blue tongue skinks - A contribution to Tiliqua and Cyclodomorphus" Hitz, Hauschild, Shea, Henle et Werning - MS Verlag (existe en allemand) - 2000 - 2002.*
  • Andree Hauschild - Skink im terrarium.
  • "Blue tongue skinks. Keeping and breeding them in captivity" Jerry G. Walls - TFH Publications* - 64 pages
  • Griffith & coll. www.bluetongueskinks.net
  • Wikipédia.org
  • Atlas de la Terre - Bordas.
  • Météo-France
  • Andrew Seike - Seikereptiles.com
  • Donna Fitzgerald - captivebred.com
  • "Sperm storage in eastern blue tongue skinks" Obsevations de portées un an après la fécondation - R. Hoser. http://www.smuggled.com/easblu1.htm
  • Document PDF en anglais: "Energetics of blue tongue lizard (Tiliqua scincoides) in seasonal tropical environment." Lien.
  • Courte description de T. scincoides http://www.jcu.edu.au/school/tbiol/zoology/herp/Tiliquascincoides.pdf


(c) V. Noël. - Janvier 2007. Reproduction interdite sans autorisation.

 

 

 


 

 


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