Tiliqua nigrolutea.


Photo de T. nigrolutea forme de plaine : JJ Harrison (jjharrison89@facebook.com) (source: wikimédia commons).

Parfois confondu avec T. scincoides scincoides (avec lequel il s’hybride parfois dans la nature), T. nigrolutea se distingue néanmoins par l’écaillure de sa tête, les écailles étant légèrement bombées donnant une allure bosselée à la tête ainsi qu’aux motifs dorsaux. Au lieu d’avoir des lignes transversales comme beaucoup d’autres Tiliqua, T . nigrolutea montre un dos brun à gris très sombre avec des taches anguleuses, presque rectangulaires, sur le dos, de part et d’autre de la colonne vertébrale. Ces tâches sont claires, de couleur gris pâle à orange. Il existe deux variétés : celle dite de plaine, dont les tâches et les flancs sont pâles, sable à jaune ; et la variété de montagne, dont les taches virent à l‘orange et les contrastes sont plus marqués.

Les proportions de l’espèce sont similaires à celle de T. scincoides, la queue représente le tiers voire la moitié de la LMC qui est de 25 à 30 cm (la variété de montagne étant en moyenne légèrement plus petite que celle de plaine) pour une longueur totale de 40 à 50 cm.

T. nigrolutea – nommé « blotched blue-tongued skink » - recherche des habitats ensoleillés mais pas trop chauds, ainsi il n’est présent qu’à l’extrême sud-est de l’Australie, évitant les zones sèches plus au nord et préférant le climat plus humide ou supérieur à 500 m d’altitude. On le retrouve aussi en altitude notamment dans les Blue Mountains à l’ouest de Sydney jusqu’à 1 600 m d’altitude. C’est également le seul représentant du genre Tiliqua à vivre en Tasmanie, l’île qui se trouve au sud-est de l’Australie, ainsi que quelques îles du détroit de Bass. Il y a été identifié 25 populations géographiquement séparées les unes des autres sans pour autant qu’il y ait de distinction sous-spécifiques entre elles. Dans ces régions les hivers sont froids, les animaux hibernent profondément pendant 3 à 4 mois. Leur cycle reproducteur est synchronisé sur la sortie d’hibernation, la période de réceptivité commune des mâles et femelles est assez courte, les mâles émergent en général plus tôt que les femelles de leur léthargie hivernale. Les accouplements se déroulent en octobre et novembre, les naissances de mars à mai.

Le régime alimentaire est sensiblement le même que celui de T. scincoides scincoides. C’est une espèce très rare en captivité, aussi rare que T. rugosa et qui s’élève sensiblement comme T. scincoides avec une hibernation de 2-3 mois à 8-10°C. Cette espèce est néanmoins réputée plus délicate.


Photo: Parc naturel des Blue Mountains (Nouvelle Galles du sud). Source: wikimédia commons (domaine public)

A noter que l’espèce fut décrite par deux français, Quoy et Gaimard qui débarquèrent en Nouvelle-Galles du sud dans les années 1817-1820  à bord de la Boussole sous le commandement de Freycinet. Toutefois, elle fut observée auparavant par le naturaliste du Capitaine James Cook, W. Anderson, le 30 janvier 1777. Il baptisa cette espèce Lacerta tarda, mais sa description ne fut connue que 143 ans plus tard et ne fut pas acceptée par la commission internationale de nomenclature zoologique. En 1985, Wells & Wellington donnèrent un statut spécifique aux populations du sud-est de l’Australie sous Tiliqua melleri, nom qui sera plus tard invalidé.


Vincent Noël - 20/11/2012.



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