Les Scinques du genre Tiliqua.
 
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Les Scinques à langue bleue sont des lézards de la famille des scincidés vivant en Australie et en Nouvelle-Guinée. Leur nom vient de leur grande langue bleue qui une fois déployée peut avoir une surface aussi grande que la tête du lézard. C'est alors un moyen de dissuasion à l'égard des agresseurs éventuels, mais c'est aussi un organe olfactif très important.


Actuellement, le genre Tiliqua comprend 7 espèces :

  • Tiliqua adelaidensis (PETERS, 1863) : Le plus petit des Scinques à langue bleue a une histoire particulière et son avenir très précaire. Elle fut considérée comme disparue pendant des décennies puis redécouverte par deux herpétologues amateurs en 1992, actuellement c'est la seule espèce du genre Tiliqua considérée comme en danger d'extinction. Cette espèce habite les terriers abandonnés des araignées loup au milieu des rares pariries sèches qui surbistent au nord d'Adélaïde.
 
  • Tiliqua gigas (SCHNEIDER, 1801) : comprend aussi 3 sous-espèces, toutes néo-guinéennes:
    • T. gigas gigas (SCHNEIDER 1801) : Répartition géographique très dispersée, on trouve des populations en différentes région du nord et de l'ouest de la Nouvelle-Guinée ainsi que de nombreuses îles des Moluques comme Ceram, Halmaheira, Biak...
    • T. gigas evanescens SHEA 2000 : Sous-espèce assez répandue en captivité, vit au sud-est de la Nouvelle-Guinée ainsi que sur quelques îles à l'est. Toutes ces sous-espèces sont géographiquement séparées.
    • T. gigas keyensis OUDEMANS 1894 : ne vit que sur les îles Key et Aru, au sud-ouest de la Nouvelle-Guinée.
  • Tiliqua multifasciata STERNFELD, 1918 : Une magnifique espèce vivant dans les régions sèches du centre et de l'ouest de l'Australie.

Photo J-M Bouteiller
  • Tiliqua nigrolutea (QUOY & GAIMARD, 1824 ) : Cette espèce ne se rencontre qu'à l'extrême sud-est de l'Australie, c'est aussi le seul scinque du genre Tiliqua à vivre en Tasmanie.
  • Tiliqua occipitalis (PETERS, 1863) : Une espèce proche de T. multifasciata vivant au sud et au sud-ouest de l'Australie
  • Tiliqua rugosa (GRAY, 1825):  Aussi connu sous Trachydosaurus rugosus. Quatre sous-espèces sont décrites à ce jour:
    • T. rugosa rugosa (GRAY 1825) : La plus répandue, occupant le centre-est de l'Australie (bassin artésien) et le sud.
    • T. rugosa aspera (GRAY 1825) : Sous-espèce du sud et du sud-ouest de l'Australie.
    • T. rugosa palarra SHEA 2000 : Sous espèce ne vivant que dans la région de Shark Bay sur la côt ouest de l'Australie.
    • T. rugosa konowi (MERTENS 1958) : Sous-espèce insulaire vivant à Rottnest Island au large de Perth.

T. rugosa exhibant sa langue bleue (photo J-M Bouteiller)
  • Tiliqua scincoides (HUNTER, 1790). Cette espèce compte trois sous-espèces:
    • T. scincoides scincoides (HUNTER 1790) : Est de l'Australie, le long de la Great Divining Range jusqu'à la côte, du Cape York à Adélaïde. Nombreuses variétés géographiques différentes.
       
    • T. scincoides intermedia MITCHELL 1955 : La plus grande des sous-espèces avec 50 à 60 cm de longueur totale, elle possède une tête plus massive et de grandes taches jauens à oranges sur les flancs. Vit au nord de l'Australie.
    • T. scincoides chimaerea SHEA, 2000 : Petite sous-espèce endémique des îles Tanimbar et Babar près de Timor (Indonésie). Coloration plus simple, gris pâle à jauen avec des bandes plus foncées.


Une huitième est encore non décrite et nommée – à défaut - : Tiliqua sp. Irian Jaya. Très fréquente en captivité elle est souvent confondue avec Tiliqua scincoides ou Tiliqua gigas. Il y a souvent des confusions entre espèces notamment dans le groupe T. scincoides car elles sont assez ressemblantes. Les terrariophiles et même les revendeurs ne connaissent pas forcément les critères d'identification, il arrive alors souvent qu'un animal soit mal identifié et vendu sous un nom incorrect : un spécimen de T. gigas est par exemple vendu sous le nom T. scincoides alors que ce sont deux espèces bien distinctes. Il s'en suit des croisements involontaires et une plus grande confusion encore avec de nombreux sujets hybrides.


La plupart des scinques du genre  Tiliqua sont de gros lézards mesurant 35 à 55 cm. La queue est souvent courte, le corps est trapu et la tête massive. Ils possèdent de petites pattes avec de courts doigts. Le plus curieux est Tiliqua rugosa (autrefois nommé Trachydosaurus rugosus) aussi nommé « scinque pomme de pin ».


Dans la nature:


La majorité des espèces du genre Tiliqua vivent en Australie. Ce sont des espèces héliophiles (qui aiment le soleil), on les retrouve donc dans les zones dégagées: depuis les forêts ouvertes d'Eucalyptus et d'Acacias aux régions désertiques du centre. Ce sont des reptiles terrestres, souvent fouisseurs et diurnes. On rencontre également quelques taxa en Nouvelle-Guinée et sur quelques îles avoisinantes notamment Tiliqua gigas.

Contrairement à une idée trop répandue, tous les scinques à langue bleue notamment T. scincoides et T. gigas ne sont pas des espèces "désertiques". Cette erreur conduit trop d'amateurs à les heberger dans des terrariums très secs, avec du sable comme substrat, ce qui engendre problèmes respiratoires, dermatologiques et des difficultés à muer.

Dans la nature les scinques à langue bleue sont solitaires, hormis T. rugosa qui est monogame et vit en couple une partie de l'année. Les sujets mis dans un même terrarium, même s'ils sont de sexe opposé, ne s'entendent pas toujours, et parfois, même après des mois ou des années de cohabitation, l'un des deux se retourne contre l'autre et peut violemment l'attaquer. De ce fait, on recommande de garder ces lézards séparemment, sauf bien sûr pour les accoupler (sous surveillance car ils pratiquent volontiers l'amour vache!). 

 Ces lézards sont vivipares comme de nombreux scincidés, c'est à dire qu'ils ne pondent pas d'oeufs mais que l'embryon se développe dans le corps de la mère. Ce sont des vivipares dits matrotrophiques car l'embryon tire non seulement une partie (l'essentiel même) de son alimentation de son sac vittelin (le "jaune d'oeuf") mais il y a également des échanges nutritionnels avec le métabolisme maternel. Les espèces comme T. scincoides ou T. gigas sont prolifiques mettant une douzaine de jeunes au monde (jusque 22 chez T. s. intermedia), en revanche, T. rugosa ne met qu'un ou deux petits au monde (ils sont néanmoins très grands!), qui restent plusieurs mois en compagnie de leur mère. 

Le look atypique des scinques à langue bleue ne laisse personne indifférent, que l'on soit herpétophile ou non! Ce sont aussi des lézards intelligents, confiants envers l'Homme mais au caractère tout de même bien trempé. Ils sont robustes et souvent facile à élever. Néanmoins certaines espèces sont très rares en captivité bien que peu menacées dans leur milieu naturel car depuis les années 1970 l'Australie interdit l'exportation de sa faune, seuls des sujets nés en captivité sont disponibles en Europe, ce qui est une bonne chose. T. gigas, vivant en Indonésie est une exception, des importations de sujets caoturés dans la nature sont régulières ; il est préférable de ne pas acheter de tels spécimens car ils sont souvent agressifs et parasités, de plus, cela cautionne le commerce d'animaux prélevs en milieu naturel et donc la raréfaction des populations sauvages.

 


Quelques photos d'habitats :

Nord de l'Australie - habitat de T. s. intermedia (J-P Paris)



Parc de kakadu:



Alice Springs : Biotope de Tiliqua multifasciata, Tiliqua rugosa aspera.
« Devil marble »









Simpson's Gap:



Région d'Atherton, Nouvelle-Galles du sud - habitat de T. scincoides scincoides.



Dans les environs de Sydney:



Le site de J-P Paris (Ornithologue) : http://www.baladeornithologique.com/Divers/indexfr.htm

Autres paysages (J-M Bouteiller)

Les "Pinacles", Habitat de T. rugosa rugosa.



L'Outback pur et dur... Habitat de T. multifasciata




Paysages semi-arides d'Australie occidentale, biotopes de Tiliqua rugosa, T. multifasciata ou T. occipitalis.



Tiliqua gigas gigas observé sur l'île de Misool par l'entomolgiste Dimitri Telnov.







En captivité: 

 L'alimentation des scinques à langue bleue est assez simple, ils sont gourmands et gloutons. Utilisant beaucoup leur odorat, ils acceptent sans problème des proies inertes comme des grillons tués par congélation ou de la viande. Mais là encore, trop d'erreurs sont commises comme les nourrir avec de la pâté pour chiens! Ce n'est pas une nourriture adaptée à un reptile, trop de Tiliqua sont totalement obèses et en mauvaise santé à cause de ça. Il faut rester dans le naturel et il y a de quoi faire: criquets, grillons, blattes, larves, souriceaux et surtout escargots dont ils raffolent. Mais hormis T. multifasciata, T. occipitalis et T. adelainensis, qui sont principalement insectivores, les autres espèces sont omnivores avec une dominante végétarienne allant de 50 à 70% pour T. nigrolutea, T. gigas et T. scincoides à plus de 80% pour T. rugosa. Ils raffolent des fruits, mais en excès ceux-ci provoquent des diarhées et autres troubles, ils ne doivent donc pas excéder 30% de la ration végétale voire moins si les animaux accepte (il est parfois difficile de faire accepter des feuillages seuls). J'ai toutefois remarqué de fortes variations au cours de l'année: au printemps par exemple ils acceptent mal des végétaux et préfèrent les proies, certains n'acceptent même que des proies vivantes, en été ils mangent de tout et l'appéttit baisse vers l'automne (certains cessant spontanément de se nourrir au début de l'hiver). Inutile de les nourrir chaque jour, là encore il y a des risques d'obésité, on les nourrit 2 à 3 fois par semaine.

 Les scinques à langue bleue sont peu exigeants en captivité. Il y a deux catégories: les espèces désertiques comme T. rugosa, T. multifasciata et T. occipitalis qui vivront dans un terrarium sec et les espèces de milieux humides à semi-arides comme T. gigas, T. scincoides, Tiliqua sp. Irian jaya et T. nigrolutea.

 Un terrarium de 120 à 150 cm de long sur au moins 60 cm de large est un minimum pour un spécimen, l'idéal étant une surface d'un mètre carré. Un couple de T. rugosa aura besoin d'un terrarium d'au moins un mètre carré. Le chauffage se fait par spot, on évite le chauffage au sol. La température ambiante sera de 25-30°C, elle montera très localement, sous un spot, à 35°C pour les espèces de milieux humides et 40°C pour les espèces désertiques. L'humidité sera très réduite chez ces dernières, entre 50 et 70% pour les autres. L'éclairage doit impérativement fournir des UV. Le substrat sera meuble, pour les espèces désertiques on peut utilser du sable, pas pour les autres. Copeaux de bois, paillis de chanvre ou fibre de coco pour T. gigas sont des substrats hygiéniques et confortable. Il ne faut pas oublier l'abreuvoir, la cachette et une grosse souche sur laquelle les scinques se gratteront à l'occasion de la mue. Toute autre branche est inutile, ils ne grimpent pas. Enfin, on utilise de préférence des plantes artificielles et des décors légers ou bien stables car ces scinques aiment fouiller partout et déménagent tout!

Les scinques du genre Tiliqua sont globalement faciles à reproduire, hormis T. rugosa. Le principal problème de distinguer mâles et femelles. Là encore, il y a beaucoup d'idées reçues et très peu de moyens visuels vraiment efficaces. Pour en savoir plus, voir l'article: Distinction des sexes.

 

T. s. scincoides dans la nature (Photo Carole Chautems - www.sauriens.com)
 
T. r. aspera au Vivarium de Stuttgart
 


Nouveau né de T. s. scincoides

 
 

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