Quels lézards peut-on observer en France ?


Mais qui es-tu donc petit lézard qui vit au fond de mon jardin?

L’herpétofaune française est bien plus riche que la plupart des gens ne le croient ! Il y a, en France, une diversité de Reptiles et Amphibiens très intéressante et encore, dans cet article nous ne nous intéressons qu’aux lézards (squamates non ophidiens). Bien entendu, ça n’a rien de comparable avec la richesse faunistique des zones tropicales ou même des régions tempérées d’Amérique du Nord, mais il y a déjà de quoi faire dans notre bonne vieille Europe. La relative pauvreté de la faune européenne tient surtout à son histoire climatique récente marquée par les glaciations, mais aussi à l’impact des activités humaines qui ont fait régresser l’aire de répartition d’espèces autrefois plus répandues, comme le Lézard des souches. Pourtant, à l’inverse, l’activité humaine, agricole par exemple, a permis à certaines espèces héliophiles comme le lézard ocellé de remonter vers le nord, la déforestation ouvrant des  espaces exploitables par l’espèce. Dans le cas du lézard ocellé on assiste aujourd’hui à l‘effet inverse : la déprise agricole, l’abandonne des cultures, et la reconquête des milieux par la forêt ferme les milieux et repousse à nouveau l’espèce vers le sud. Le recul de cette espèce vers le sud, faut-il l’interpréter comme un retour à la normale pu comme une régression ? Faut-il maintenir des espaces favorables à l’espèce alors eu c’est l’Homme, il y a plusieurs milliers d’années, qui les a créé ou laisser faire la nature au risque de voir s’éteindre les populations locales voire nationales ?

 

Quoi qu’il en soit, au moment où cet article est mis en ligne, on compte 21 espèces de lézards en France. Il y a une majorité de lacertidés, quelques rares geckos, peu d’anguidés mais ils sont très répandus et un scincidé. Familiarisons-nous d’abord avec les différentes espèces de squamates non ophidiens de France continentale et de Corse :
 

Nota: Les liens mènent à une recherche google.

 
GEKKOTA (Gekkotiens) - Gekkonidés, Phyllodactylidés, Sphaerodactylidés.

 

ANGUIMORPHA (Anguimorphes) - Anguidés

  • Anguis fragilis Linné, 1758 - Orvet fragile. (jusqu’à récemment 2 sous-espèces étaient reconnues, mais une étude a montré en 2010 que A. fragilis  est monotypi-que). Toute la France. 
  • Anguis veronensis Pollini, 1818. L'Orvet de Vérone, une population italienne et du sud-est de la France autrefois considérée comme faisant patie de l'espèce A. fragilis a été élevée au rang d'espèce en 2013.

 

LACERTIBAENIA (Lacertibéniens) -  Lacertidés

  • Algyroides fitzingeri (Wiegmann, 1834) - Algyroïde de Fitzinger. Corse.
  • Archaeolacerta bedriagae bedriagae (Camerano, 1885) - Lézard de Bedriaga. Corse uniquement.
  • Iberolacerta aranica (Arribas, 1993) - Lézard du Val d’Aran. Pyrénées (très localisé, menacé).
  • Iberolacerta aurelioi (Arribas, 1994) - Lézard d’Aurelio. Pyrénées (très localisé, menacé)
  • Iberolacerta bonnali (Lantz, 1927) - Lézard de Bonnal. Pyrénées. (Très localisé, menacé)
  • Lacerta agilis Linné, 1758 - Lézard des souches..
    • L. a. agilis (L. 1758) : Toute la France sauf l’extrême nord, l’ouest et les régions méditerranéennes.
    • L. a. garzoni Palacios & Castroviejo 1975 : est des Pyrénées (menacée)
  • Lacerta bilineata bilineata Daudin, 1802 - Lézard vert occidental : Toute la France sauf le Nord et la Loraine, rare au-dessus d’une ligne Genève-Paris-Rennes.
  • Timon lepidus lepidus (Daudin, 1802) - Lézard ocellé. Sud de la France (menacé).
  • Zootoca vivipara (Jacquin, 1787) - Lézard vivipare
    • Z. v. vivipara :Toute la France sauf région méditerranéenne.
    • Z. v. louislantzi : Pyrénées (sous-espèce ovipare)
  • Podarcis liolepis (Boulenger, 1905) - Lézard catalan
    • P. l. liolepis (Boulenger, 1905) : Plaine du Roussillon.
    • P. l. cebennensis (Gullaume & Geniez 1987) : Région méditerranéenne à l’ouest du Rhône sauf Roussillon.
    • P. l. sebastiani (Klemmer, 1964) : Pays basque.
  • Podarcis muralis (Laurenti, 1768) - Lézard des murailles.
    • P. m. brongnardii (Daudin, 1802) : Ouest et centre de la France, plus rare dans le nord, Champagne et Normandie.
    • P. m. merremius (Risso, 1826) : Est de la France.
  • Podarcis tiliguerta (Gmelin, 1789) - Lézard tyrrhénien. Corse.
  • Podarcis suculus (Rafinesque, 1810) – Lézard des ruines.
    • P. s. campestris De Betta, 1857 : Corse.
    • P. s. cetti (Cara, 1782): Région de Bonifacio (Corse du sud)
  • Psammodromus algirus algirus (Linné, 1758) - Psammodrome algire. Est du Languedoc.
  • Psammodromus edwarsianus (Dugès, 1929) - Psammodrome d’Edwards. Sud-est de la France.

 

SCINCIFORMATA (Scincomorphes) - Scincidés

§          Chalcides striatus (Cuvier, 1829) - Seps strié. Région méditerranéenne.


Le Lézard des souches ne craint pas la proximité des humains... mais si vous habitez la Bretagne, vous ne le verrez pas.


Mais une telle liste ne nous aide pas beaucoup pour savoir quelle espèce peut-on observer en se promenant dans telle région… Car ces espèces ne sont pas uniformément réparties sur le territoire. Chacune a des affinités particulières liées au climat qui limitent son expansion vers le nord ou vers le sud. Globalement les habitants du sud du pays et de Corse sont mieux gâtés que ceux du nord car on y observe une plus grande diversité d’espèces de reptiles en général. Sur la Côte d’Azur par exemple, on dénombre pas moins de 11 espèces de lézards, alors qu’en Bretagne on en dénombre seulement 4, en Alsace-Lorraine 5… Certaines sont très communes et se trouvent sur une majorité du territoire, notamment le lézard des murailles et l’orvet, mais aussi le lézard vert bien qu’absent du nord et du nord-est, le lézard des souches et le lézard vivipare. D’autres espèces sont liées exclusivement à un type de climat, comme les geckos ou à des localités bien précises (endémisme) comme les Iberolacerta des Pyrénnées.
 
Grosso modo, on peut distinguer quatre groupes :

  • Les espèces pyrénéennes telles que Iberolacerta bonnali, I. aurelioi et I. aranica, trois espèces dont la répartition est localisée sur quelques vallées et massifs des Pyrénées comme le Val d’Aran pour I. aranica. Inutile de les chercher ailleurs (ou alors dans les abords de ces vallées et massifs où elles sont parfois observées). A noter aussi une sous-espèce endémique de Lacerta agilis : L. a. garzoni. On trouve évidemment d’autres espèces dans les Pyrénées comme Zootoca vivipara louislantzi, Podarcis muralis, Lacerta bilineata
  • Les espèces qu’on n’observe qu’en Corse : Iberolacerta bedriagae, Podarcis tiliguerta, Algyroides fitzingeri et, même si c’est une espèce introduite sur l’île, Podarcis siculus… D’autres espèces vivent également en Corse, comme les trois espèces de geckos et en particulier Euleptes europaea qui est plus abondante en Corse que sur la Côte d’azur et la Provence où les populations sont très réduites. Toutes les autres espèces typiquement présentes sur le continent comme Timon Lepidus, Lacerta bilineata, Pordacis muralis ou même l’orvet… sont en revanche absent de l’île.
  • Les espèces strictement méditerranéennes qui recherchent un climat chaud : Les trois espèces de geckos en font partie, la plus commune étant Tarentaola mauritanica, de même que le Seps strié ainsi que les Psammodromus,  Podarcis liolepis et Timon Lepidus même si ce dernier remonte un peu plus vers le nord et est présent par exemple en Aquitaine et sur l’île d’Oléron. Notons enfin l’Orvet de Vérone (Anguis veronensis), une espèce assimilée à l’Orvet fragile jusqu’à ce qu’il soit validé comme espèce à part entière en 2013 et dont la répartition française reste à affiner mais qui est sans doute cantonnée au sud-est.
  • Les espèces de « centre-sud » qui sont abondantes dans le sud mais aussi au centre et à l’ouest de la France, devenant de plus en plus rare au fur et à mesurer que le climat devient continental, c’est-à-dire vers le nord-est. On pense notamment à Lacerta bilineata, le Lézard vert occidental (et à certaines couleuvres comme la couleuvre verte et jaune ou celle d’Esculape).
  • Les espèces nordiques qui préfèrent des climats plus frais auxquels elles sont bien adaptées : la star en la matière étant Zootoca vivipara qu’on rencontre en plaine dans l’est et le nord de la France ainsi que le centre et l’ouest « au nord de la Loire ». En effet, en-dessous de ce fleuve, l’espèce devient rare voire absent dans le sud et le sud-ouest sauf en altitude (Alpes et Massif Central) ainsi que dans les Pyrénéennes et les Landes où vit la forme ovipare : Zootoca vivipara louislantzi. Le lézard des souches Lacerta agilis est également présent dans l’est de la France, depuis les Ardennes jusque dans les Alpes et le Massif Central. Il est en revanche absent de tout l’ouest ainsi que du midi de la France (sauf L. a. garzoni qui vit dans les Pyrénées orientales entre 1 200 et 2 000 m).
  • Les espèces « nationales » : sont présentes sur quasiment tout le territoire, il s’agit avant tout de l’Orvet fragile (Anguis fragilis) qui n’est absent que des plaines du sud-ouest et du Lézard des murailles (Podarcis muralis).

 


Podarcis muralis est une des espèces les plus courantes et les plus faciles à voir en France.
Mais attention, en Provence, il peut être confondu avec P. liolepis.


Où observer des lézards ?
 
Connaître la seule répartition nationale d’une espèce n’est pas suffisant car chacune d’entre elle a ses préférences en matière d’altitude et d’habitat : humidité, température, exposition au soleil, concurrence avec d’autres espèces… Zootoca vivipara, par exemple, a une forte affinité avec les milieux humides et/ou relativement frais : marais, abords des rivières, tourbières, landes d’altitude… Dans de tels habitats on ne retrouvera pas exemple pas de Lézard vert qui recherche des habitats ouverts, chauds et secs.


 


Le Lézard vivipare est un habitant des zones plutôt humides ou d'altitude.
Celui-ci a été photigraphié dans les Vosges du Nord, près d'une rivière

 
La notion de micro-habitat est très importante chez les reptiles : on ne trouvera pas les mêmes espèces au bord d’un chemin baigné par le soleil propice par exemple pour observer Lacerta agilis, que dans le sous-bois juste derrière où l’orvet recherche humidité et proies. Les guides régionaux sont d’une aide précieuse pour ne pas se retrouver à chercher telle espèce là où on aucune chance de la voir car les cartes de répartition nationales sont trop peu précises et une espèce n’occupera pas le même milieu selon qu’elle soit présente en plaine ou en altitude, en Bretagne ou dans le Cantal.
 
La connaissance des différents comportements a aussi son importance. Elle nous dit si telle espèce est plutôt timide, se dissimulant dans la végétation ou au contraire, s’exposant à découvert. Trois types de comportements peuvent alors être distingués :
 
- Les « m’as-tu vu » : Espèces héliophiles de milieux dégagés s’exposant à découvert comme Podarcis muralis, P. liolepis et Lacerta bilineata qui font partie de ceux qui sont souvent les plus visibles, fréquents en milieux rocheux, grimpant sur des promontoires. Lacerta agilis est moins visible car se plaçant généralement au niveau du sol en lisière de forêt, le bord des chemins, au pied des talus ou encore au milieu de trouées dans la végétation (haies, ronces, roselières…) Timon lepidus est également héliophile mais souvent assez farouche, ne se laissant pas facilement approcher.


Le Lézard des murailles (à gauche) est un "m'as-tu-vu" typique qui s'expose à découvert, le Lézard des souches lui (à droite) sort également en plein jour mais reste tout de même au niveau du sol, au plus près de la végétation.
 
- Les espèces discrètes, craintives ou se dissimulant dans végétation : Les orvets notamment, bien qu’on puisse l’observer à prendre le soleil du matin, préfère vivre au milieu de la végétation, dans les sous-bois et autres lieux bien couverts. Mais il est peu farouche et donc souvent facile à observer, d’autant que c’est un grand adepte des abris types plaques de tôle, bâches ne plastiques, tas de bois  et dalles de pierre posées sur le sol. Le Seps strié, bien qu’appréciant soleil et les milieux ouverts, reste souvent dissimulé dans la végétation et difficile à voir. Les Psammodromes, sont très craintifs et on n’a souvent pas le temps de les voir. Le Lézard vivipare, même s’il s’expose au soleil, préfèrera des endroits moins ouverts que le lézard des murailles, il s’exposera moins à la vue de tous et sera à chercher dans les trouées au milieu de la végétation.

 


Anguis fragilis est un reptile plutôt discret et craintif. Non seulement
sa coloration lui permet de se fondre dans le décor,
mais il préfère également évoluer dans la végétation ou l'humus et reste une bonne partie de la journée caché;
un court bain de soleil matinal lui suffit pour recharger les batteries.

 
- Les nocturnes : Il s’agit évidemment des geckos, mais parfois aussi de l’orvet qui, en été, sort plus volontiers à la nuit tombée. Les geckos peuvent néanmoins être observés en journée, souvent sur un mur, dans des anfractuosités, à moitié dissimulés par la végétation profitant d’une trouée pour prendre le soleil. La Tarente de Maurétanie est ainsi facile à observer de jour, prenant ses bains de soleil au même endroit.

 


Les geckos sont des lézards nocturnes, inactifs en journée, mais certains - en partuiculier
la Tarente de maurétanie - sont parfois visibles le jour... Même s'ils savent se faire dicrets!

 
Le bon moment ?
 
En général, le matin est le meilleur moment, entre 7 et 10h selon la saison et la température. Les lézards se réchauffent alors au soleil pour faire monter leur température corporelle et se montrent plus volontiers. Mais ce moment où ils sont plus « accessible » peut durer très peu de temps, surtout en été, et dès qu’il fait trop chaud, beaucoup se font plus discrets. Il faut donc savoir se lever de bonne heure. Des lézards comme le Lézard vert ou le Lézard des murailles, restent souvent plus longtemps et s’exposent parfois au soleil en plein après-midi d’été. Lorsque le temps est couvert, beaucoup de lézard resteront dans leur abri et ne sortiront pas. L’orvet, lui, fuit les grosses chaleurs, en revanche, il aime sortir après un orage car de nombreuses proies qu’il affectionne comme les lombrics sont aussi de sortie.
 
L’été n’est néanmoins pas la meilleure saison pour observer des lézards, le printemps, de mars à juin, reste la période idéale. Non seulement parce que les lézards restent plus longtemps à se réchauffer au soleil, mais aussi parce que c’est la saison de reproduction, ils sont donc plus actifs. Les femelles gravides s’exposent longuement au soleil, chassent intensément ; les mâles courtisent ces dames, se déplaçant beaucoup pour les trouver et font les « fier à bras » sur des promontoires pour marquer leur territoire. Pour la plupart des lézards, notamment els lacertidés, il y a une forte fidélité à ce territoire, d’un jour à l’autre on retrouve facilement les mêmes spécimens au même endroit. Les espèces comme l’Orvet ou le Seps sont plus vagabondes ou du moins, elles ne se montrent pas juchés sur un  promontoire comme le fait le Lézard des murailles et se déplacent discrètement sur un territoire de chasse assez vaste.

 


Orvet fragile sur un chemin à découvert tôt le matin : le mielleur moment pour observer les lézards.

 
Les observer, les photographier.
 
Il faut avoir bon œil pour « chasser le lézard » car il arrive souvent, qu’en se promenant sur un chemin, on n‘entende d’un lézard de souches que le bruissement des feuilles signe qu’il s’est échappé à vos pieds. Il faut donc être observateur, tenter de repérer de loin les endroits où les lézards peuvent se trouver : un rocher, un tas de bois, une trouée dans les ronces au bord du chemin, un objet plat et assez grand posé au sol sous lequel aiment se dissimuler serpents et orvets…
 
On assimile généralement les jumelles aux ornithologues, mais elles sont également utiles aux herpétologues notamment pour observer à plusieurs mètres de distance un talus, une trouée dans la végétation et repérer un lézard avant de tenter une approche. On prendra des jumelles dont la distance minimale de mise au point est courte, ainsi, on pourra aussi observer la bestiole de près, sans trop s’en approcher et observer des détails à 2-3 m de distance. Certains constructeurs constructeur indiquent des distances minimales de mise au point de 2 à 3 m, plus rarement 1,5 m. Malheureusement, sauf pour les très haut de gamme, la qualité de l’image et le confort de vue n’est pas toujours bon à si courte distance car elles ne sont à la base pas faites pour voir un objet proche. On conseille des jumelles avec un grossissement et une ouverture pas trop élevés : 8x20 ou 8x30 par exemple. Pour l’observation de près, les Pentax Papilio sont idéales, notamment les 8,5x21. Leur distance de mise au point est de seulement 50 cm ! Le « must » pour les insectes et les reptiles. Seul défaut, la housse est très mal faite (j’ai acheté une housse pour petits appareils photos en remplacement) et il n’y a pas de cache à l’avant pour protéger les jumelles. Il y a aussi des macroscopes et des monoculaires comme les Minox Makroskop.
 
Une fois un lézard repéré, pas facile de savoir quelle est la limite au-delà de laquelle il va décamper. Cela dépend de votre approche, de votre patiente (s’arrêter dès que le lézard semble réagir) et aussi de l’heure : le matin étant là encore le moment idéal où les lézards se montrent moins vifs. Ainsi, si les bonnes conditions sont réunies on peut s’approcher d’un lézard des murailles ou d’un lézard des souches à moins d’un mètre. Jumelles ou appareil photo avec un objectif de longue focale sont les bienvenus, surtout l’après-midi ou avec des espèces plus farouches (ou un herpétologue impatient). Sinon, y’a la méthode du poireau : se poser près de là où s’est caché le lézard et attendre qu’il ressorte. Evidemment il ne faut pas coller son nez devant le trou, un distance minimale est à respecter, et surtout il faut rester immobile, au ras du sol, éviter les couleurs trop voyantes et attendre… attendre… attendre… Ca peut durer très longtemps ! Surtout si le lézard a une autre sortie et est en train de bronzer tranquillement de l’autre côté du mur !
 
Côté photo, si vous avez un réflexe, un objectif 100 mm macro ou 150 mm macro seront les bienvenus Un 50 mm macro ne vous servira à rien, vous ne pourrez pas vous approcher assez pour bien photographier l’animal, et même avec un 100 mm c’est souvent limite. Avec un compact ou un bridge on peut aussi faire de bonnes photos. Ces clichés seront utiles pour l’identification précise d’espèces comme P. liolepis qu’on peut confondre avec P. muralis et, en cas de découverte d’une espère dans une localité inconnue, c’est une preuve importante (à condition d’y adjoindre une localisation précise). Optez pour la résolution maximale afin de pouvoir zoomer sur des détails comme les écailles de la tête. Bien entendu, on peut se mettre à l’affut, bien caché derrière un buisson, un mur ou un filet de camouflage pour observer un talus où grouillent nos petites bêtes à écailles… On peut alors observer leur comportement, mais il faut être patient, les lézards font souvent de loooooongues pauses entre deux déplacements, il faut donc être confortablement installé. Ceux qui ont un jardin dont un recoin rocheux sert de « terrain de jeu » aux lézards ou que ceux-ci ont l’habitude de gambader sur la terrasse, il est facile de se trouver un point d’observation régulier et de suivre l’évolution des petits habitants du jardin. Ces animaux étant casaniers, en général, on observe les mêmes sujets, on peut voir les petits de l’année… En revanche, chats et lézards ne font pas bon ménage.
 
On ne touche qu’avec les yeux !
 
La capture de la plupart des espèces de reptiles autochtones est interdite. Cela peut poser problème pour bien identifier une espèce, mais on peut y arriver aussi avec une bonne photo… Quand on soulève une dalle, une plaque de tôle ou autre objet sur le sol, naturel ou non, on le fait avec délicatesse, en regardant ce qu’il y a en dessous, on se dépêche de faire son cliché et hop, on remet le tout en place tout aussi délicatement. Si  on observe un début de panique chez les habitants, on referme vite pour éviter la dispersion.
 
Et dans mon jardin ?
 
Tout dépend du jardin : si c’est un jardin couvert de gazon tondu à ras avec deux conifères qui se battent en duel, aucune chance que des reptiles y élisent domicile sauf peut-être un jour une couleuvre à collier qui traverse la pelouse en vitesse de peur d’être choppée par un corbeau ou un faucon… Ou alors de se retrouver dans le journal, prise pour un terrible cobra échappé (si si, ça arrive). Les lézards adoptent les jardins où il y a beaucoup de végétation, des tas de feuillages laissés dans un coin, la proximité d’une forêt, d’un bocage ou d’une rivière, un bassin avec moult végétaux aquatiques… bref, qui ressemble plus à la nature qu’à un terrain de foot. Un vieux mur ou un tas de pierre partiellement couvert de ronces, de lierre ou simplement d’herbes hautes sera très apprécié. Mais rien ne garantit qu’il sera adopté, les lézards ne sont pas de grands colonisateurs ! En revanche, si vous avez un potager et des endroits pour s’abriter comme un tas de vieux bois, il y a des chances que des orvets y élisent domicile. Surtout ne les chassez pas, d’abord parce qu’ils sont protégés, ensuite parce que ce sont de très bons insecticides naturels, raffolant des limaces et chenilles. Orvet et Lézards du genre Podarcis sont ceux qui fréquente le plus les jardins, même si on peut parfois observer un lézard vert occidental, un lézard des souches, plus rarement un seps égaré… encore faut-il avoir un grand jardin…


Comme les serpents, les orvets sont souvent victimes de la route... et de la bêtise aussi, cet orvet a été volontairement
écrasé par des cyclistes sur une piste forestière. C'est pourtant UNE ESPECE PROTEGEE!

D’après :

Bour R. & coll. 2008 « Liste taxinomique actualisée des amphibiens et reptiles de France ». Bulletin de la Société herpétologique de France 126.

Lescure J. & C. De Massary 2012. Atlas de répartition des Amphibiens et reptiles de France. Biotopes/SHF

 

Vachez J-P & Geniez M. 2010 – Reptiles de France, Belgique, Luxembourg et Suisse. Editions Biotopes.

 Voir aussi les sites suivants:
- Société herpétologique de France : http://lashf.fr 
- www.herpfrance.com
- coronella
- Reptil'Var

V. Noël – http://tiliqua.wifeo.com - 23/01/2014.

ISSN 2118-5492

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