Les lézards du genre Podarcis.


Podarcis muralis.
 

Vincent NOËL - http://tiliqua.wifeo.com


Première publication: 01/07/2014. Dernière modification le 28/12/2014.

Le genre
Podarcis fait partie de la famille des Lacertidae, de la sous-famille des Lacertinae et de la tribu des Lacertini. C'est le genre de reptiles non aviens le plus important d’Europe en nombre d’espèces : En 2014, on en dénombre 23 et de nouvelles espèces ou sous-espèces sont régulièrement décrites. Les premières espèces décrites comme P. muralis comprenait autrefois un grand nombre de sous-espèces qui furent érigées au rang d'espèces et qui elles-même, aujourd'hui, s'avèrent être des complexes d'espèces différentes. C'est donc un genre à l'histoire taxinomique complexe et qui est loin d'être totalement écrite !

Le nom Podarcis vient du grec et signifie « aux pieds  agiles » (Lescure et le Garff 2006). A noter qu'il y a une ambiguïté sur le genre... du genre. En clair, il y a débat pour savoir si Podarcis est masculin ou féminin. Ce n'est pas qu'un simple détail car cela conditionne l'écriture des noms d'espèces qui, selon le code international de nomenclature zoologique, doivent être accordés selon le genre... du genre! Par exemple, si Podarcis est féminin, comme ça longtemps été considéré, on écrit Podarcis sicula ou Podarcis taurica. S'il est masculin, on écrit Podarcis siculus ou Podarcis tauricus. Les publications récentes (Vacher & Geniez 2010, Lescure & de Massary 2013) ainsi que la reptile-database utilisent le masculin. Nonobstant, de nombreuses sources conservent encore le féminin.

Bien que créé en 1830 par Johann G. Wagler, les scientifiques débattirent longtemps sur la validité du genre. Duméril & Bibron (1839) ne considèrent ar exemple pas le genre Podarcis et classent P. muralis et P. tauricus dans le genre Lacerta. Angel (1946) dans la « faune de France » consacrée aux reptiles et amphibien classe P. muralis sous Lacerta muralis (Podarcis est signalé comme sous-genre). Ce taxon se retrouvera encore dans certains guides nature jusque dans les années 1980-90.

Aujourd'hui, le genre Podarcis est bien établi comme groupe monophylétique, c'est à dire que les espèces du genre sont toutes issues du même ancêtre commun avec des liens de parenté assez éloignés des espèces du genre Lacerta au sens strict.

Au gré des événements géologiques liés à la remontée de l’Afrique vers l’Europe (avec érection des Alpes, des Pyrénées, assèchement de la Méditerrannée…) mais aussi climatiques avec les glaciations, les espèces du genre ont colonisé, déserté puis recolonisé différentes régions : la péninsule ibérique ou les Balkans ont été colonisées plusieurs fois de suite par différentes espèces qui ont parfois supplantés celles présents auparavant.

La phylogénie du genre a fait l’objet de nombreuses études, elle est complexe et conserve ses zones d'ombre. Harris et Arnold (1999) ont identifié 4 lignées : La lignée balkanique représentée par les espèces vivant en Grèce et dans les îles ioniennes. La lignée ibéro-magrébhine qui concerne les espèces de la péninsule ibérique (Espagne et Portugal) et du nord-est de l’Afrique du nord avec notamment P. hispanicus et les nombreuses espèces qui lui sont affiliées. La lignée italienne avec P. muralis, P. siculus et P. raffonei. Et enfin, la lignée baléaro-tyrrhénienne qui concerne les espèces vivant sur les îles entre l’Italie et l’Espagne comme les Baléares, la Corse, la Sardaigne... Oliviero et al. proposèrent en 2000 une autre phylogénie, composée de 7 lignées, éloignant par exemple P. muralis de P. siculus que d’autres considèrent comme deux espèces sœurs. Cette phylogénie n’est pas totalement étayée par les études ultérieures qui continuent à se référer à Harris & Arnold.

Les groupes balkaniques et ibéro-maghrébins sont les mieux étayés et les plus étudiés. Leur diversification aurait commencé au même moment, il y a 10 millions d'années. L'analyse de leur phylogénie et des caractères morphologiques propres à certaines populations ont permis de décrire de nouvelles espèces comme en 2014 avec l’étude de différentes populations de P. hispanicus (Geniez & al. 2014). L’une de ces populations s’est avéré être une espèce totalement inédite, P. virescens, deux autres population ayant permis de valider à nouveau Podarcis guadarramae (Bosca, 1916), un taxon centenaire considéré jusque-là comme un synonyme de P. hispanicus.

Le genre Podarcis s'est essentiellement répandu dans le sud de l'Europe, depuis la Turquie occidentale à la côte atlantique de la péninsule ibérique, avec également une présence au Maghreb et dans de nombreuses îles de Méditerranée. 10 espèces sont endémiques d’îles ou d’archipels méditerranéens. Parmi ces espèces endémiques, certaines vivent sur des îlots comme P. raffonei, P. levendis ou certaines sous-espèces de P. filfolensis ou P. lilfordi. Cet endémisme ne leur a pas toujours porté chance, car si des espèces comme P. muralis ou P. siculus ne sont pas du tout menacées, d’autres espèces comme P. lilfordi ou P. pityusensis et leurs nombreuses sous-espèces endémiques des Baléares, sont en danger d’extinction, quant à P. raffonei elle est classée en danger critique d'extinction.
 


Podarcis siculus

Au sein de ce groupe très méridional, P. muralis fait figure d'exception en étant la seule espèce vivant dans des régions non méditerranéennes. On le trouve certes en Italie, au nord de l'Espagne, dans les Balkans et même en Turquie, mais sa répartition est bien plus étendue vers le nord puisqu'elle atteint sa limite septentrionale en Belgique. Il est présent dans toute la France, une petite partie de l’ouest de l'Allemagne, certains pays d'Europe centrale comme l'Autriche ou la Slovaquie ainsi qu'une partie de la Roumanie. Toutefois, il reste moins bien adapté aux climats froids que peut l’être le lézard vivipare (Zootoca vivipara) ou le lézard des souches (Lacerta agilis), deux espèces très adaptées au climat continental et qu'on retrouve sur les îles britanniques, en Europe de l'est et du nord.

Ce sont des lézards diurnes, agiles et héliophiles qui recherchent des micro-habitats exposés au soleil, plutôt secs avec une nette préférence pour les zones rocheuses même si certaines espèces comme P. taurica vivent plutôt au sol, en bordure de zones herbeuses. Ce ne sont en général pas des lézards discrets, ils vivent souvent près des habitations humaines et savent en tirer parti : les observer n’est pas très difficile même si leur coloration leur offre un très bon camouflage.

Les espèces comme Podarcis siculus ont aussi profité de l’activité humaine, multimillénaire dans le bassin méditerranéen, pour se disperser et conquérir de nouveaux territoires. Plus récemment, P. siculus et P. muralis ont été involontairement introduits aux Etats-Unis où ils ont parfois fait souche. Sur de petites îles, la présence d'un espèce dominante introduite comme P. siculus peut aboutir à l’élimination de la population indigène. En 1971, des chercheurs ont introduit une population de P. siculus sur la minuscule île inhabitée de Pod Mcaru, en Croatie. L’île était déjà occupée par P. melisellensis. Les événements politiques qui ont marqué l'ex Yougoslavie à la fin du XXème siècle ont provoqué l’abandon de l’étude. Mais en 2004, une équipe de chercheurs est revenue et ils ont constaté que P. siculus avait totalement fait disparaître la population de P. melisellensis. Les spécimens de P. siculus ont également modifié leur comportement alimentaire, se nourrissant en partie de végétaux car les populations d'invertébrés étaient insuffisants. La mâchoire et le colon des descendants des 5 couples implantés trente six ans plus tôt étaient très différents, montrant une adaptation à une alimentation omnivore (Herrel & al. 2008). Cette expérience est devenue un classique illustrant certains mécanismes « brutaux » de l’évolution et appuyant notamment les vues de Stephen Jay Gould sur l’équilibre ponctué. Elle montre aussi les dégâts que peut faire introduction d’une espèce exogène.

Deux espèces vivant dans une même région (sympatrie) peuvent aussi se partager l'espace. Ce partage peut se faire à l'échelle du micro-habitat quand deux espèce cohabitent étroitement : alors que dans l'essentiel de sa répartition, P. muralis est une espèce qui fréquent la partie supérieure des zones rocheuses, celle où l'ensoleillement est le meilleur, quand il doit cohabiter avec P. liolepis, c'est ce dernier qui occupe « le haut du pavé », P. muralis se retrouvant plus près du sol. En Corse, là où P. tiliguerta et P. siculus cohabitent, les deux espèces occupent également des micro-habitats distincts. Van Damme & al. (1990) ont observé que P. tiliguerta occupe le haut des zones rocheuses naturelles ou artificielles (murets, talus...), au-dessus de 50 cm du sol alors que P. siculus, même s'il se thermorégule aussi sur les rochers exposés au soleil, chasse au niveau du sol, parmi la végétation, dans un rayon de 5m autour de son point de thermorégulation. Mais ce partage peut aussi se faire sur un espace géographique plus large : ainsi, dans d'autres localités, P. siculus a totalement évincé P. tiliguerta.

Normalement, tous les Podarcis sont des insectivores purs même s'il a été observé des spécimens se nourrissant de fruits sucrés tombés à terre. Certaines populations insulaires ont plus volontiers omnivores. Ce comportement est régulièrement observé aux Baléares où des lézards se jettent sur des fruits qu'on leur pose devant le nez ou parfois même tenus en main.

Les Podarcis sont de petits prédateurs efficaces. Ils chassent de petits arthropodes et gastéropodes selon les abondances saisonnières et locales. Ils sont capables de s'adapter à ce que leur environnement proche leur offre car leur territoire de chasse est limité vu leur caractère sédentaire (et puis il ne faudrait pas qu'un mâle vous ravisse votre territoire pendant que vous étiez allé chasser l'insecte à Pétaouchnock). Une étude menée par Adamopoulo (1999) a comparé le régime alimentaire chez trois espèces balkaniques : P. gaigeae, P. milensis et P. erhardii analysant respectivement 62, 50 et 45 contenus stomacaux de spécimens prélevés en été. Il a observé que si P. erhardii se nourrissait essentiellement de coléoptères et de larves d'insectes, chez les deux autres espèces, les fourmis sont dominantes, du moins en été. Dans le détail, les fourmis représentent plus de 60% de l'alimentation estivale de P. gaigeae et 23,66% pour P. milensis, contre moins de 10% pour P. erhardii. Les coléoptères représentent 9,69 à 26,53%, les hémiptères entre 4,24 et 10,6%, les araignées (Aranea) entre 3,1 et 9,46%, les hyménoptères entre 2,36 et 4,08%, les diptères entre 1,16 et 8,87%. Si les Podarcis se nourrissent régulièrement de fourmis, la proportion est là particulièrement élevée, les fourmis étant, dans ce type de climat sec et en été, abondantes alors que les autres insectes se font rares.

En 2013, Zuffi & Giannelli ont étudié l'alimentation de P. siculus campestris sur la côte toscane (Italie). Ils ont prélevé des selles et analysé leur contenu : les coléoptères, les fourmis, les araignées et les gastéropodes sont les proies les plus souvent rencontrées. Les coléoptères représente à eux seuls 22% de l'alimentation moyenne, les autres types de proies représentent moins de 8%. A noter tout de même plus du tiers de matériel non identifié (insectes ou autres matières non identifiables). Trois échantillons (sur 71) montraient des restes d'autres reptiles, probablement du cannibalisme, un seul des restes de plantes. Ils ont également noté des différences selon qu'il s'agisse de lézards du continent ou insulaires, ainsi que des différences entre mâles et femelles.

Les mâles sont territoriaux, ils se placent souvent sur un promontoire et surveillent leur territoire avec attention. Des hochements de tête leur permette de le marquer et les accrochages avec d’autres mâles sont courants, surtout au printemps. Toutefois, les territoires ne sont pas toujours très grands surtout si les milieux favorables sont réduits, comme un mur de pierre ou quelques rochers entourés d’une végétation épaisse. Les accouplements sont typiques des lacertidés, le mâle saisi la femelle en la mordant au niveau des flancs. Tous les Podarcis sont ovipares, le nombre d’œuf se situe en générale entre 1 et 12 œufs, il y a une à deux, parfois trois pontes par an.

Ce sont de petits lacertidés au corps élancé et assez aplati. La plupart des espèces mesurent 20-25 cm de longueur totale pour un corps en général de 6-7 cm et jusque 8-9 pour les grandes espèces telles P. siculus ou P. gaigae. La tête est souvent bien distincte du cou. Les pattes sont bien développées. La queue est longue et fine mais chez de nombreux spécimens, elle n'est plus entière : comme tous les lacertidés, ces lézards ont la capacité d'autotomie, c'est à dire de se séparer de leur queue pour échapper à une prédateur. Le moignon qui repousse est de coloration uniformément brune, plus court et peu mobile. Les mâles sont généralement un peu plus grands que les femelles et différemment colorés : la distinction des sexes n’est souvent pas un problème.
 


P. muralis: en bas la femelle, en haut le mâle.

La détermination des différentes espèces ou sous-espèces est habituellement plus facile en se référant à la coloration et aux motifs des mâles. Ceux-ci ont classiquement les flancs et le dos marqués de réticulations sombres sur une coloration brun clair mais qui peut virer au vert ou au bleu. Ces deux couleurs sont souvent peu marquées chez des espèces comme P. muralis ou P. liolepis, mais très présentes chez P. siculus par exemple où la teinte verte domine ou chez P. pityusensis dont certains mâles arborent un bleu magnifique. Les réticulations sont parfois absentes du dos. Plus rarement on observe des spécimens concolores, c'est à dire sans motifs ni sur le dos, ni sur les flancs. Les points bleus au bas des flancs sont aussi présent chez certains mâles. Les femelles ont plutôt des motifs lignés et une coloration généralement plus terne. Le ventre est uniformément coloré même s'il peut être marqué de petites tâches noires. Il est généralement blanc, orange, rouge voire bleu selon les espèces et les spécimens. En fait, il y a un très fort polymorphisme au sein d'une même espèce, les individus sont parfois très différents les uns des autres et la coloration peut aussi varier selon les saisons, s'intensifiant généralement lors de la période des accouplements. Enfin, des spécimens mélaniques, où le noir domine, sont rencontrés sur certaines îles mais aussi en altitude.


Mâle P. muralis montrant une teinte verte (Bretagne)

Les espèces du genre Podarcis peuvent être confondues avec d’autres lacertidés européens. Mis à part la confusion possible avec Zootoca vivipara (voir l’article sur ce sujet), il y a aussi confusion possible avec les espèces des genres Iberolacerta, Darevskia, Teira… La localisation des spécimens est importante pour l’identification car deux espèces ressemblantes peuvent ne pas du tout vivre dans la même région ni à la même altitude. Teira dugesii est endémique de l'archipel de Madère, le genre Podarcis y est absent. Le genre Darevskia côtoie les espèces du genre Podarcis au sud-est de l'Europe, et celles du genre Iberolacerta dans la Péninsule ibérique mais à des altitude spécifiques à ce genre montagnard.

Le genre Podarcis se caractérise par un certain nombre de caractères anatomiques tels que les 26 à 27 vertèbres présacrales ou les oviductes qui s’insèrent dans le sinus génital près du bout des lobes… mais ils sont inobservables sur un sujet vivant ! En revanche, l’écaille post-nasale unique est un caractère souvent déterminant au moins au niveau du genre. L’écaillure de la tête peut aussi aider à la différentiation entre deux espèces comme entre P. muralis et P. liolepis qui sont sympatriques dans le sud de la France. Une bonne identification nécessite donc – hormis les manipulations qui sont à bannir – de bonnes photos de la tête de profil et si possible du dessus avec une résolution maximale qui permettra, chez soi, de zoomer sur certains points et examiner les écailles... Inexploitable avec une photo faite depuis un smartphone comme on en voit de plus en plus. Les photographies des motifs dorsaux et des flancs sont aussi très intéressants en particulier chez les mâles et permettent de comparer la variabilité individuelle.



Aperçu des différentes espèces :

Podarcis bocagei (SEOANE, 1885) : Lézard de Bocage. Son nom commun est l’objet de confusions : entre le bocage – c’est-à-dire le paysage agricole parsemé de haies – et le savant portugais José Vincente barbosa Du Bocage en l’honneur duquel cette espèce a été décrite (comme sous-espèce de P. muralis à l’époque). On parle donc de Lézard de Bocage, le nom propre et non de lézard du bocage, le nom commun. D’ailleurs, cette espèce du nord-ouest de l’Espagne et du nord du Portugal ne vit pas dans le bocage ! Son dos est marqué de deux lignes plutôt vert chez les mâles et brun clair chez les femelles. Certains mâles ont une coloration verte assez marquée, les rapprochant un peu de P. siculus. Cette espèce est génétiquement proche de P. hispanicus.



Mâle de P. bocagei (Source: Franciscosp2 - wikimedia commons)

Podarcis carbonelli PEREZ MELLADO, 1981 : Anciennement classé comme sous-espèce de P. bocagei, cette espèce ibérique a une répartition restreinte au centre et au sud du Portugal, avec une incursion en Espagne. Elle est aussi présente sur les îles Berlengas (Portugal). Cette espèce est classée « en danger » par l’UICN. 


Répartition de P. carbonelli (Carlosblh - Wikimedia Commons)

Podarcis cretensis (WETTSTEIN, 1952) : Comme son nom l’indique, nous avons affaire à une espèce crétoise. Longtemps classée comme sous espèce de P. erhardii, elle acquiert son statut spécifique en 2008 après des analyses moléculaires. Toutefois, cette description est sujette à controverse. Voir l’article décrivant l’espèce (Article scientifique en anglais).


Mâle P. cretensis (Source Olaf Tausch - Wikimedia commons)

Podarcis erhardii (BEDRIAGA, 1882) : Espèce très complexe que l’on retrouve dans les Balkans et de nombreuses îles de la mer Egée. Arnold & Ovenden citent 3 sous-espèces continentales et 25 insulaires… dont certainement P. cretensis ci-dessus mentionnée. Beaucoup de populations insulaires sont en danger d’extinction, un certain nombre ont disparues, soit par l’introduction d’autres lézards tels P. siculus, soit d’autres prédateurs (chats domestiques, autres lézards…).


Plusieurs spécimens naturalisés de P. erhardii montrant les différences selon les localités. Photo: Dave Brenner School of Natural Resources (Wikimedia commons)

Podarcis filfolensis (BEDRIAGA, 1876) : Originaire de Malte, cette espèce tient son nom de minuscule île de Filfola, mais est présente sur d’autres îles maltaises. La sous-espèce P. f. kieseklbach, de l’île de Saint-Paul, est considérée comme éteinte depuis 2005.


P. filfolensis à Linosa (Source: Esculapio  Wikimedia commons)

Podarcis gaigeae (WERNER, 1930) : Le lézard de Skyros vit sur l’archipel éponyme et l’île de Pipéri en mer Egée (Grèce). Il est le seul Podarcis de ces îles. Son dos est marqué de vert un peu comme P. siculus.


P. gaigeae (Source:
Benny Trapp - Wikimedia commons)
 

Podarcis guadarramae (Boscá, 1916) . Cette espèce avait déjà été décrite en 1916 par Bosca comme sous-espèce de Lacerta muralis. Le taxon a été repris et érigé au rang d'espèce par Geniez & al. en 2014. Elle est issue du groupe P. hispanicus de Type 1. L'espèce est scindée en deux sous-espèces : P. g. guadarramae et P. g. lusitanicus (ce dernier taxon étant nouveau). Répartie au nord-ouest de l'Espagne et au nord du Portugal.


Podarcis hispanicus (STEINDACHNER, 1870) : Espèce commune dans toute la péninsule ibérique. Ressemblant beaucoup à P. muralis et à P. liolepis qui était autrefois considérée comme une sous-espèce de P. hipanicus. Encore souvent mentionnée comme présente en France, il s’agit en fait de P. liolepis.


P. hispanicus (Source: Luis Fernández García Wikimedia commons)

Podarcis levendis LYMBERAKIS, POULAKAKIS, KALIONTZOPOULOU, VALAKOS & MYLONAS, 2008. Très récemment décrite, en même temps que P. cretensis, à partir d’une population alors liée à P. erhardii, cette espèce insulaire grecque est classée comme vulnérable par l’IUCN. L’espèce n’est pas soumise à des menaces particulières mais ses effectifs sont très faibles, car on ne la trouve que sur les très petites îles de Pori et Lagouvardos entre la Crête et l’extrême sud du Péloponèse, la rendent vulnérable.


P. levendis (Source: Benny Trapp Wikimedia commons)

Podarcis lilfordi (GÜNTHER, 1874) : Cette espèce des Baléares s’avère complexe, plus de 20 sous-espèces sont communément citées (23 selon Arnold & Ovenden), la dernière ayant été décrite en 1988. L’espèce en elle-même est classée comme « en danger » par l’IUCN, avec des effectifs très variables selon les sous-espèces, la plupart étant endémiques de petites îles ou de portions d’îles, avec donc des effectifs réduits et souvent en déclin. L’introduction de chats, rats mais aussi de serpents comme Macroprotodon cucullatus  constituent les principales menaces avec le morcellement des habitats dus aux aménagements du littoral pour le tourisme (aménagement… massacre plutôt !). Elle est également classée en annexe II des conventions de Washington (CITES) et de Berne. Ces lézards ont souvent des teintes bleutées parfois très prononcées et sont parmi les plus beaux lézards d’Europe.
Une très amusante vidéo de P. lilfordi qui viennent manger des morceaux de pommes dans la main… Lien

Podarcis liolepis (BOULENGER, 1905). Autrefois assimilé à P. hispaniscus, P. liolepis est présent dans le sud de la France. Trois sous-espèces sont connues : P. l. liolepis que l’on observe dans les Pyrénées orientales, P. l. cebennensis présent dans le sud de la France, en particulier entre la rive ouest du Rhône jusqu’aux Pyrénées orientales, P. l. sebastiana au Pays Basque.
Un document (PDF) permettant de différenteir P. muralis de P. liolepis : télécharger.


Photo: Claude Roma (Wikimedia commons)

Podarcis melisselensis (BRAUN, 1877) : Le lézard de l’Adriatique est une petite espèce  que l’on trouve le long de la côte Dalmate depuis l’Istrie jusqu’en Albanie. Avec sa teinte verte sur le dos, on peut facilement la confondre avec le lézard des ruines (P. siculus), bien que ce dernier se retrouve davantage de l’autre côté de l’Adriatique, en Italie. Mais le lézard des ruines ayant conquis – avec l’aide involontaire de l’Homme – de nombreuses îles, les deux espèces sont parfois amenées à se côtoyer, avec un désavantage pour P. melisellensis. Il existe une vingtaine de sous-espèces, pour la plupart insulaires. L’espèce dans son ensemble n’sets pas menacée, toutefois certaines populations insulaires le sont.

Photo : Benny Trapp

Podarcis milensis (BEDRIAGA, 1882) : Cette espèce considérée comme Vulnérable par l’UICN est originaire des îles Cyclades au sud de la Grèce. Son nom vient de l’île de Milos, mais l’espèce est aussi présent sur les îles Kimilos, Poliaigos, Antimilos, Ananes, Fallokonéra et Velopolula. Trois sous-espèces sont généralement reconnues. P. gaigae fut longtemps attachée à P. milensis, aujourd’hui il semble que ce soit une espèce à part. Selon l’IUCN l’espèce a longtemps souffert de prélèvements directs, mais cette menace ne semble plus être d’actualité et les effectifs sont jugés stables.


Photo: Benny Trapp

Podarcis muralis (LAURENTI, 1768) : Il s’agit de l’espèce la plus commune du genre, mais aussi la seule qui vit ailleurs que dans le sud de l’Europe et les habitats méditerranéens.  En effet, le Lézard des murailles se retrouve sur presque tout le territoire français ainsi qu’à, l’ouest de l’Allemagne, pays qui n’est pas vraiment connu pour son huile d’olive ! L’espèce reste néanmoins liée à un climat tempéré océanique à semi-continental, on ne le retrouve pas dans les régions les plus froides comme c’est le cas du lézard vivipare ou même du lézard des souches, deux espèces mieux adaptées aux climats humides et froids. Le lézard des murailles, comme tous ses cousins du genre Podarcis est héliophile, il aime les habitats dégagés, ensoleillés et si possible secs et rocailleux. Il reste néanmoins un des lézards les plus courants en France comme ailleurs sur sa zone de répartition.

podarcis muralis

Podarcis peloponnesiacus (BIBRON & BORY, 1833) : Découvert et décrit par Bory de Saint-Vincent et Gabriel Bibron lors d’une expédition militaro-scientifique en Grèce. Parfois aussi nommé P. peloponnesiaca, il est présent sur la presqu’île du Péloponnèse au sud de la Grèce. C’est une espèce assez grande, de taille similaire à Podarcis muralis. Trois sous-espèces sont généralement citées, chacune se partageant une région du Péloponnèse et ce depuis la côte jusqu’à 1 600 m d’altitude.

Podarcis pityusensis (BOSCÁ, 1883) : Espèce présent uniquement sur des îles et ilôts au large de Majorque (Baléares) y compris Ibiza qui n’est donc pas que le paradis des « teufeurs », des bikinis et du vomi sur le trottoir. Elle a aussi été introduite à Majorque même Chaque île ayant presque sa propre sous-espèce (24 selon Arnold & Ovenden), 42 populations différentes étant recensées. L’UICN considère l’espèce dans son ensemble comme presque menacée, avec des situations très différentes selon les îles et les sous-espèces. Il y a une très forte variabilité de coloration, certains spécimens sont, comme P. siculus, bruns avec le dos vert, d’autres entièrement verts, d’autres encore montrent un dos vert et des flancs oranges ou sont totalement bleus.



Photo: Arnau  Sellares

Podarcis raffoneae (MERTENS, 1952) : Présent uniquement sur les îles Eoliennes, ces fameuses îles volcaniques au large de  la Sicile. On la trouve sur l’île Volcano, Strombollichio (près de Stromboli), La Canna et Scoglio Faraglione.

Podarcis siculus (RAFINESQUE-SCHMALTZ, 1810) : le Lézard des ruines est présent dans toute l’Italie a été introduit en de nombreux endroits d’Europe, et même jusqu’aux Etats-Unis. Sa présence en France est limitée à quelques localités sur la Côte d’azur, elle est néanmoins plus abondante en Corse. Les introductions sont parfois anciennes et il est difficile de savoir si elle est endémique de certaines îles où elle est présente de nos jours. C’est une espèce conquérante qui peut rapidement supplanter les autres Podarcis ou même d’autres petites lacertidés comme c’est le cas en Corse. On connait essentiellement quatre sous-espèces : P. siculus siculus au sud de l’Italie et en Sicile, P. s. campestris dans le reste de l’Italie, en Corse et sur l’ile d’Elbe, P. s. hierogliphycus que l’on trouve en Turquie et P. s. cetti présente en Sardaigne, une partie de la Corse et à Minorque. De nombreuses populations sont également présentes en adriatique.


Photo:
Richard Bartz

Podarcis tauricus (PALLAS, 1814) : Le Lézard de Tauride occupe une assez vaste répartition au sud-est de l’Europe, depuis l’Albanie jusqu’au détroit du Bosphore ainsi que le nord est l’ouestt de la Grèce, la Bulgarie et le littoral de la Mer Noire jusqu’en Crimée. On compte 3 sous-espèces, dont P. t. ionicus qui vit sur les îles ionniennes et P. t. thasopluae l’île de Thasopoulos en mer Egée. Ressemble au Lézard des ruines avec une coloration à dominante verte plus prononcée.



Photo: Benny Trapp

Podarcis tiliguerta (GMELIN, 1789) : Espèce endémique de Corse, présente davantage sur les hauteurs alors que P. siculus occupe les plaines, P. tiliguerta fuyant la présence du lézard des ruines.


Photo: Jensd

Podarcis vaucheri (BOULENGER, 1905) : Ancienne sous-espèce de P. hispanica élevée au rang d’espèce dans les années 2000. Vit au sud de l’Espagne et du Portugal et nord du Maroc.


Photo: MOGRERA Wikimedia commons
 

Podarcis virescens Geniez, Sà-sousa, Guillaume, Cluchier & Crochet 2014 : Nouvelle espèce issue d'une étude sur la phylogénie de P. hispanicus et qui a laissé apparaître deux types distincts. P. virescens est issue du type 2, le type 1 étant attribué à P. guadarramae. L'espèce habite les plaines et plateaux du centre et une partie du sud-ouest de l'Espagne ainsi que le centre et le sud du Portugal. Le nom « virescens », qui signifie « vire au vert » vient de la coloration verte des mâles en période de reproduction.


Podarcis waglerianus GISTEL, 1868 : Le lézard de Wagler doit son nom au zoologiste Johann Georg Wagler (1800-1832) qui malgré sa courte vie eu le temps de laisser son empreinte dans l’histoire de l’herpétologie. Il se rencontre en Sicile et sur les îles Egades. Comme avec P. tiliguerta, le lézard de Wagler évite le lézard des ruines qui vit aussi en Sicile. P. siculus est surtout présent sur le littoral, le lézard de Wagler plus à l’intérieur des terres. Toutefois, les deux espèces s’hybrident notamment les populations insulaires.


Photo: Benny Trapp

Répartition des espèces selon les zones géographiques (les introductions récentes ne sont pas mentionnées) :
Péninsule ibérique (Espagne-Portugal) :
  • P. hispanicus
  • P. muralis
  • P. vaucheri (sud)
  • P. bocagei
  • P. carbonelli
  • P. vaucheri (également nord du Maroc)
France :
  • P. muralis
  • P. liolepis
Corse et Sardaigne
  • P. tiliguerta
  • P. siculus
Baléares :
  • P. lilfordi
  • P. pytuensis
Italie continentale :
  • P. siculus
  • P. muralis
Sicile et îles éoliennes :
  • P. wagleri
  • P. raffonae
  • P. siculus
Malte :
  • P. filfolensis
Dalmatie :
  • P. melisellensis
  • P. muralis
  • P. siculus
Grèce continentale et Mer Egée :
  • P. erhardi
  • P. muralis
  • P. tauricus
  • P. gaigeae
Péloponnèse :
  • P. peloponnesiacus
Iles grecques sauf crête :
  • P. milensis (cyclades)
  • P. levendis
Crête :
  • P. cretensis
Références:

Adamopoulo C., Valakos E. D. & Pafilis P. 1999. Summer diet of Podarcis milensis, P. gaigae and P. erhardii (Squamata- Lacertidae). Bonn. Zool. Beitr. 48 (3-4).

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www. wikipedia.org
www.reptile-database.org
www.iucn.org
www.lacerta.de

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