Faire une recherche :  

18/2/15  

 Le bulletin de la Société Herpétologique de France n°152 (dernier numéro de 2014) a publié deux articles relatant l’observation de Lézard ocellé (Timon lepidus) et de Seps strié (Chalcides striatus) sur des localités situées au nord de leur répartition connue.

Pour le Lézard ocellé, il s’agit de deux nouvelles localités sur la commune de Saint-Hyppolite au nord de l’Aveyron dans la vallée de Truyère. Les lézards ont été vus et photographiés sur des talus en bord de route. Il s’agit d’une petite population isolée dans une vallée, à basse altitude (500-600 m) et entourées de montagnes peu propices à la vie de cette espèce. Les auteurs précisent que l’habitat ouvert est encore favorable sur la rive gauche de la Truyère, il ne l’est pas (ou plus) sur la rive droite car le boisement a remplacé les milieux de pelouses.
Dans le cas du Seps strié, il s’agit d’une redécouverte pour le département du Tarn puisque plus aucune donnée n’avait été faite sur ce département depuis 1888. Cela ne veut pas dire qu’il a disparu de ce département car l’extrême discrétion de ce lézard le fait souvent passer inaperçu. Les nouvelles observations ont été faites un peu plus au nord de celle citée en 1888, se situant à la frontière entre le Tarn et le Tarn et Garonne, au débouché des gorges de l’Aveyron sur la commune de Penne. L’espèce avait déjà été observée en 2000 sur cette commune mais le spécimen n’avait pas été photographié. Cette découverte montre que d’importants efforts de prospection sont à mener sur cette espèce pour affiner son aire de répartition entre les Pyrénées et le Massif Central, dans une zone qui lui est encore climatiquement favorable.

Références :
POTTIER G., RAPIN J.-L., TALHOËT S. 2014. Premières mentions du Lézard ocellé Timon lepidus (Daudin, 1802) (Squamata, Sauria, Lacertidae) dans la vallée de la Truyère (Massif Cnetral, France). Bull. Soc. Herp. De France 152. P.13-20
SORIN F., BARTHE L., DELMAS C., POTTIER G., COCHARD P.-O. & WEBER L. 2014. Redécouverte du Seps strié Chalcides striatus (Cuvier, 1829) (Squamata, Scincidae) dans le département du Tarn (Région Midi-Pyrénnées) et orientations de recherche dans le sud-ouest de la France. Bull. Soc. Herp. De France 152. P. 21-28
 

 


 

 
2/2/15  

 Le 2 février c'est la journée mondiale des zones humides...
Un seul jour pour rappeler que les marais, les étangs, les rivières, les rieds, les tourbières sont des éléments essentiels pour la biodiversité. Voici un article (militant) paru dans Bastamag pour avoir une idée du triste état de ces habitats en France et dans le monde et de ce que nos gouvernements, qui pourtant se disent soucieux d'écologie, en font...
"Sivens, Notre-Dame-des-Landes, Roybon… Tous ces dossiers ont un point en commun : ils impactent des zones humides. Menacées au nom de la rentabilité et du profit économique, ces terres, véritables réservoirs naturels, risquent d’être les victimes de ces politiques d’urbanisation. Ce ne sera pas la première fois. « En France, près de 67% des zones humides métropolitaines ont disparu depuis le début du 20ème siècle, dont la moitié en 30 ans sur la période 1960-1990 », estime le rapport présenté par le préfet Paul Bernard [1]. C’était en 1994." Lire la suite...

 


 

 
18/12/14  

 Le site dédié à Carl Gans, herpétologue décédé en 2009, propose de consulter l'intégralité de l'oeuvre de toute une vie: les 22 volumes de "Biology of the reptilia" qui représentent 14 000 pages. Le premier de ces volumes thématiques a été publié en 1969, le dernier, entièrement consacré à la bibliographie, a été publié en 2010 après la mort de C. Gans. C'est sans doute l'oeuvre la plus colossale sur la biologie, l'anatomie, la physiologie et le comportement des reptiles éditée depuis les grandes publications en plusieurs volumes du XIXème siècle.
Elle est donc désormais gratuitement consultable sur http://carlgans.org. Dommage que les livres ne soient pas téléchargeables au format PDF ou même epub, ce qui serait plus pratique à consulter, qu'on pourrait conserver et même en partie imprimer... Mais c'est quand même une sacrée idée de mettre en ligne gartuitement des ouvrages de cette dimension et donc de permettre à tout un chacun de pouvoir les consulter.

 


 

 
27/11/14  

 On connaît environ 200 espèces de caméléons (Toxicofères - Iguaniens - chamaeleonidés) dont un grand nombre d'espèces vivent à Madagascar et dans l'est de l'Afrique. Madagascar et de nombreux pays est-africains hebergent une biodiversité particulièrement riche, et pas uniquement des éléphants et des rhinocéros ! Mais c'est aussi une des région les plus pauvres du monde. Corollaire de cette pauvreté, la destruction des habitats soit par les petits paysans qui tentent de survivre en employant des techniques agricoles non durables, soit par les grandes sociétés occidentales ou chinoises qui pillent les ressources naturelles de l'Afrique. A cela s'ajoute le trafic illégal de spécimens vivants ou morts vers l'étranger.
Selon le site www.mongabay.org et le Chameleon Specialist Group, sur 182 espèces de caméléons étudiées, 36% sont en danger d'extinction. Parmi les 66 espèces menacées, 9 espèces sont en danger critique d'extinction, certaines comme Rampholeon chapmanorum, une petite espèce du Malawi, n'ont plus été vues depuis plusieurs années et les scientifiques craignent qu'elles soient déjà éteintes. A Madagascar, où se trouve un grand nombre d'espèces de caméléons, 50 à 70% d'entre elles sont menacées.
Les reptiles, comme une grande partie de la "petite faune", souffrent considérablement des activités humaines : pollution, pesticides, destruction des habitats, introduction d'espèces invasives ou de maladies nouvelles... Alors que les médias se focalisent sur les grands mammifères, l'essentiel de la biodibversité, parfois composée de ce que les gens prennent pour des "sales bêtes", s'éteint dans l'indifférence générale, y compris en Europe. C'est pourtant cette petite faune cachée et méprisée, ces insectes, ces araignées, ces batraciens, ces lézards qui font la richesse des écosystèmes. Si des parcs naturels, des élevages conservatoires ou des bateaux partant à l'assaut des baleiniers peuvent aider à présever quelques espèces, c'est totalmement innefficace pour la majorité des espèces menacées: seule la préservation des habitats, et pas seulement dans des réserves naturelles, peut permettre de mantenir cette biodiversité.

En savoir plus : http://news.mongabay.com/2014/1124-hance-chameleon-crisis.html#sthash.QJ6EMEdW.dpbs

 


 

 
21/5/14  

 Le 20 mai, un reportage a été diffusé sur France 3 suite à la découverte et la capture par les pompiers d’un Boa dans un jardin de Bourg-de-Péage dans la Drôme. Ce n’est pas le premier, ça ne sera pas le dernier… mais les propos des journalistes et de la maire de la commune montrent la grande méconnaissance en ce qui concerne à la fois les serpents et la règlementation sur l’élevage de ces animaux.

Il semble que madame la Maire a été mal informée sur la réglementation en vigueur pour la détention d’animaux non domestiques, en particulier sur les modalités fixées par l’arrêté du 10 aout 2004.

En effet, vous dites dans ce reportage que la détention de ce Boa (un Boa constrictor imperator) est illégale : c’est une erreur. Certes, c’est une espèce protégée au niveau mondial par la Convention de Washington, mais il est en annexe II de la CITES, un niveau de protection – ou plutôt de réglementation du commerce – assez souple qui autorise sous conditions sa vente (quotas pour les importations hors UE, vente libre pour les spécimens nés en captivité au sein de l’UE sous réserve de fournir des justificatifs de leur naissance en captivité). En France, comme ailleurs en Europe, il est très facile d’acheter dans une animalerie ou chez un éleveur ce serpent qui au demeurant, malgré sa taille, est inoffensif (alors que le reportage le montre comme un monstre féroce). Ainsi, on peut accuser le propriétaire mystérieux de ce serpent d’incompétence car un terrariophile consciencieux verrouille ses terrariums pour éviter les évasions. Toutefois, il est faux au regard de la loi de dire que c’est illégal. La détention des reptiles en France est légale, règlementée certes comme toute activité d’élevage, mais légale. De plus, madame la Maire dit que cet animal aurait dû être équipé d’un transpondeur (une puce injectée sous la peau et qui permet l’identification) or Boa constrictor imperator ne fait pas partie des espèces soumises à l’obligation de « puçage ».

L’abandon ou l’évasion d’animaux de compagnie dans la nature ou chez des voisins est un problème écologique, de santé et de sécurité publique, les reptiles ne sont qu’une petite partie de ce problème. Les accidents liés à des serpents exotiques en France se comptent sur les doigts d’une main, et aucun n’a encore concerné un tiers autre que le propriétaire du serpent. On ne peut pas en dire autant du meilleur ami de l’Homme : les morsures de chiens sont à l’origine de 66 000 hospitalisations par an dans notre pays. Pourtant, quand le chien du voisin s’échappe, il ne fait pas l‘objet d’un reportage télévisé. Le traitement médiatique des évasions de serpent est avant tout lié aux préjugés ancestraux et irrationnels que véhicules ces animaux, stars des mal-aimés ! Ces préjugés n’ont aucune assise scientifique, c’est un héritage culturel et religieux tenace qui est très souvent préféré à un discours rationnel et objectif.

Les reportages subjectifs traitant de terrariophilie ou de serpents découverts dans la nature peuvent ruiner en quelques minutes des années d’efforts en matière de sensibilisation de la part des herpétologues, animateurs natures, auteurs et chercheurs pour démystifier le serpent et montrer qu’il fait bien plus de peur que de mal. Dans ce reportage on voit des gens qui se disent être terrorisés, ayant peur que le serpent leur bondisse dessus, qui se sont calfeutrés chez eux alors que ce serpent semblait plus apeuré qu’agressif. En aucun cas le commentateur n’a relativisé les propos de ces voisins effrayés.

L’assimilation inexacte mais coutumière de l’élevage des reptiles à une activité illégale stigmatise les terrariophiles. Du coup, d’entre eux se cachent, non pas parce qu’ils ne sont pas en règle avec la loi, mais par crainte de la vindicte populaire et médiatique !

Les terrariophiles consciencieux et les herpétologues, s’efforcent à la fois de briser les préjugés ésotériques liés aux serpents, de combattre certaines dérives de la mode du reptile comme animal de compagnie mais aussi de montrer que la terrariophilie est une discipline d’élevage comme une autre, tout aussi honorable que l’élevage des chevaux ou l’aquariophilie et qu’elle ne mérite pas les jugements de valeur dont elle est victime. Certes il y a des gens qui font n’importe quoi, mais ce n’est pas parce qu’il y a des chauffards qu’il faut considérer que tous les automobilistes sont des dangers publics.

Vincent NOËL.

Voir le reportage : http://www.francetvinfo.fr/animaux/video-une-famille-de-la-drome-decouvre-un-boa-constrictor-dans-son-jardin_604899.html
 
 

 


 

 
Pages :<<12345>>
 
Créé avec Créer un site
Créer un site