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27/2/14  

 La Société herpétologique de France a envoyé un courrier de 4 pages au ministère de "l'écologie" à propos du projet d'aéroport à Notre Dame des Landes (Loire-atlantique). Au-delà des opinions politiques et des affrontements médiatisés, la SHF - en tant que société scientifique - dénonce ce projet comme pouvant avoir un impact désastreux sur les Reptiles et Amphibiens, avec des mesures compensatoires qui ne répareront en rien les dégats irréversibles. Les biologistes de la SHF - Jacques Castanet son président, Jean-Pierre Vacher et Olivier Lourdais de la commision conservation, démontrent que ce secteur est une des zones les plus riches en herpétofaune de l'ouest de la France. 10 espèces de Reptiles et autant d'amphibiens y vivent. Ce milieu bocager abrite des populations exceptionnelles de Lézard vivipare par exemple ou de triton marbré. Il correspond aussi à des zones biogéographiques particulières comme des zones d'interconnexion entre espèces "du sud" et espèces "du nord" telles les deux vipères les plus communes de France (V. berus et V. aspis). La SHF souligne aussi la sous-élavulation de la richesse herpétologique de ce secteur, avec des espèces non mentionnées, des sites de reproduction "effacés" etc. D'autant que la SHF n'a pas été mise à contribution dans ces enquête alors qu'elle regroupe les meilleurs herpétologues de France et une vaste base de donnée de répartition.

Lire la lettre: http://lashf.fr/Dossiers/2014/f%C3%A9vrier/Lettre_NDDL.pdf

 


 

 
22/2/14  

 Même dans des revues de vulgarisation scientifique, les confusions autour de la classification et l’histoire évolutive des reptiles sont nombreuses. Coup sur coup, deux « billets » ont été récemment édités l’un sur le site de Sciences & Avenir, la célèbre revue de vulgarisation scientifique et l’autre sur le site du National Geographic, non moins célèbre.

Le premier billet parle de l’acquisition par la Ferme aux Crocodiles de Pierrelatte (Drôme) de deux varans crocodiles, de leur nom scientifique, Varanus salvadorii. Ce gros varan, qui en longueur surpasserait le Varan de Komodo, est nommé Varan crocodile certes, mais c’est bel et bien un lézard, de la famille des Varanidés. Mais voilà, son nom commun et le fait que l’on assimile souvent les lézards aux crocodiles, font que le journaliste classe le varan crocodile dans les crocodiliens. Erreur, car les varans, comme tous les lézards et serpents sont des squamates, pas des crocodiliens. Ces deux ordres différents sont issus de deux lignées évolutives distinctes, il ne s’agit même pas de proches parents. En tant qu’archosauriens, les crocodiles sont plus proches cousins des dinosaures et des oiseaux que des lézards, qui eux, sont des lépidosauriens.

L’autre article, celui du National Geographic, parle des Varans de Komodo et de la régression de leur habitat. Là où il y a erreur, c’est dans l’affirmation que les ancêtres dinosauriens des varans vivaient il y a déjà 200 millions d’années. Là encore c’est faux : aucun lézard n’a d’ancêtre parmi les dinosaures. On retrouve les deux mêmes groupes zoologiques, séparés les uns des autres il y a 250 millions d’années : les lépidosauriens pour les lézards et serpents, les archosauriens pour les dinosaures et les oiseaux. Les « descendants » des dinosaures sont les oiseaux, pas les lézards ! Enfin, il faut rappeler que l’espèce Varanus komodoensis est récente, pas plus ancienne que le genre Homo auquel nous appartenons, il n’a donc rien d’une relique. De même, s’il faut remonter loin dans les « ancêtres » d’un groupe zoologique, rappelons que les mammifères ne sont pas un groupe récent, ils étaient déjà présents il y a 200 millions d’années. Citer à tout bout de champ, dès qu’il s’agit de reptiles, que leurs ancêtres vivaient il y a des centaines de millions d’années ne signifie rien à part faire « le fossile vivant qui remonte à super loin… », ce qui est historiquement est faux… surtout si en plus, c’est pour se tromper de lignée !

Vincent NOËL
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13/2/14  

 Récemment mises en évidence par des études génétiques, neuf espèces de Scinques de Porto Rico et des îles Vierges sont gravement menacées, certaines peut-être déjà éteintes. Ainsi, le Center for Biological Diversity a produit un rapport en faveur de la protection de ces espèces endémiques des Caraïbes sous administration états-unienne.
L’introduction de prédateurs tels les mangoustes, les chats ou les poules, sont la cause essentielle de disparition de la biodiversité des Caraïbes, en particulier des petits vertébrés comme les reptiles. A cela s’ajoute évidemment la destruction de l’habitat en particulier due à l’urbanisation et à l‘agriculture.
L’endémisme dans cette région du monde est très important et la faune d’une grande richesse. Chaque île a ses propres espèces. Vivant sur des territoires parfois minuscules, elles sont particulièrement vulnérables car leurs effectifs réduits. Depuis la conquête européenne, beaucoup d’espèces ont déjà disparues et le déclin de celles survivantes s’accélère aujourd’hui. Si les grands reptiles comme les Iguanes cornus des caraïbes (Cyclura spp.) font l’objet de mesures de protection et de programmes de réintroduction, les petites espèces de lézards comme les Scinques sont totalement ignorées. D’autant que ce sont des animaux discrets et difficiles à observer. D’ailleurs, toutes les espèces de petits reptiles des Grandes et Petites Antilles ne soient pas encore connues. Malheureusement, certaines ne le seront peut-être jamais car elles ont déjà disparues ou vont disparaître avant même que les herpétologues  ne les décrive.
Les espèces de lézards (du groupe des scincomorphes) concernées par cette requête ont été décrites en 2012 par le célèbre  herpétologue Blair Hedges de l’Université de Pennsylvanie, qui a décrit de nombreuses nouvelles espèces de reptiles aux Antilles ces dernières années. Ces lézards sont particulièrement vulnérables aux prédateurs exogènes comme les mangoustes, car ils sont terrestres, se déplacent lentement et ne sont pas du tout habitués à ce type de prédateurs. Hedges soutient évidement la demande de mise sous protection de ces espèces pour que des mesures puissent être prises et des fonds alloués car selon lui, il y a urgence.
Les espèces concernées font presque toutes partie du genre Spondylurus. Quatre espèces sont endémiques de Porto Rico, cinq des îles Vierges. Ces petits lézards terrestres de la famille des Mabuyidés, sont des vivipares matotrophiques, c’est-à-dire que l’embryon tire une grand partie des nutriments nécessaires à son développement via les échanges avec le corps maternel grâce  un placenta parmi les plus complexes au sein des reptiles. Une seule espèce est d’un genre différent, le genre Capitellum.

En savoir plus sur le genre Spondylurus: http://en.wikipedia.org/wiki/Spondylurus

L'étude de Hedge (2012): http://www.hedgeslab.org/pubs/235.pdf

La pétition : http://www.biologicaldiversity.org/campaigns/amphibian_conservation/pdfs/Caribbean_Skinks_Listing_Petition.pdf
 
 

 


 

 
6/2/14  

 Enfin, pour l'instant les lézards du Havre dorment encore, mais le réveil printannier pourrait bien être cruel pour les reptiles, amphibiens et autres animaux qui ont élu domicile dans une friche couverte de végétation que Réseau Ferré de France veut vendre. Un havre de paix - jeu de mots facile - pour la petite faune chassée d'une autre friche lors de la construction du stade Océane. Y vivent lézards des murailles, Orvets mais aussi tritons et oiseaux. Mais Homo sapiens vouloir tout bétonner, lui rien à faire de bestioles, lui maître du monde et vouloir faire argent... Sauf que cher Monsieur Sylvestre et autres compères qui trouvent ridicule d'empêcher gros primate de faire gros béton à cause de minables petites bêtes économiquement inutiles, ces reptiles sont des espèces protégées et leurs habitats doivent être préservés!
L'association Ecologie pour Le Havre a donc déposé un recours au tribunal pour empêcher la vente et l'nstallation d'entreprises sur cette zone. Ce recours sera examiné mardi 11 février... Sauf que des travaux ont déjà commencé sur le site, provoquant la colère d'Ecologie pour Le Havre. Des travaux soit disant pour déplacer les grenouilles répond RFF... A suivre... Et No Pasaran!

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6/2/14  

 


L'atlas des Amphibiens et Reptiles d'aquitaine est paru.

Proposé par l’association Cistude Nature, c’est le complément du Guide des Amphibiens et Reptiles d’Aquitaine sorti en 2010.

Cet ouvrage regroupe les observations réalisées par près de 1 500 contributeurs. Les prospections et la dynamique engrangée ces quatre dernières années a permis de cumuler une importante base de données, qui dépasse aujourd’hui 60 000 contributions.

La connaissance sur la répartition des espèces de la région a en moyenne doublé et cet atlas présente donc un aperçu fiable et précis de la répartition réelle des 47 espèces d’amphibiens et de reptiles d’Aquitaine.

Vous trouverez également dans cet ouvrage une approche sur la biogéographie de nos espèces, une analyse de leur état de conservation et un inventaire des causes et menaces de régression.

Par ailleurs, l’ouvrage propose quelques mesures simples de protection de l’herpétofaune et une mise à jour de la taxonomie et des statuts de conservation, avec notamment la publication de la liste rouge régionale.

L’ouvrage est disponible dès à présent via l’association, n’hésitez pas à le commander !

Berroneau M. 2014 – Atlas des Amphibiens et Reptiles d’Aquitaine. Edition C. Nature. 256 p.

Plus d’infos sur www.cistude.org.

source: www.herpetofocus.fr


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