les Scinques, famille des Scincidés.


Squamates – Scincomorphes – Famille créée par Nicolaus Oppell en 1811.
 

On va parler des scinques. Mais cinq quoi ? Non, des Scinques : S-C-I-N-Q-U-E-S… Ce sont des lézards que peu de gens connaissent même dans le monde la terrariophilie où on ne jure que par les varans, geckos, agames ou iguanes. Pourtant, la famille des scincidés est la seconde plus grande famille de reptiles, après les Colubridés (les couleuvres) et c’est la plus grande famille de « lézards » puisqu’on compte plus de 1 500 espèces. Pendant longtemps, il a été très difficile de diviser cette famille en sous-familles tant elle est vaste te leur classification a donné la migraine à des générations de scientifiques.

Dans les années 19710, une première séparation en sous-famille a été faite par Greer et est longtemps resté la référence, bien que d’autres ont tenté de la réviser mais seulement partiellement. Ces dernières années, d’autres classifications prenant en compte d’une part, tous les scincidés, d’autre part, une approche purement phylogénétique (uniquement des groupes qui partagent un même ancêtre commun) s’appuyant notamment sur la génétique ont profondément modifié la classification et l’idée qu’on se faisait de l’histoire des scinques et de leurs liens de parenté. Mais le débat est loin d’être clos car des études doivent encore valider, invalider ou approfondir ces théories. Il y a néanmoins toujours débat entre scientifiques : certains estiment que la famille des scincidés doit être éclatée en plusieurs familles, d’autres voient dans ces lignées des sous-familles, conservant la famille des scincidés comme groupe zoologique valide.

C’est un débat technique très complexe et finalement - quitte à vexer les taxinomistes - assez secondaire. Ce qui est intéressant c’est que globalement, on en sait de plus en plus sur les liens de parenté entre différents groupes d’espèces de scinques et donc sur leur évolution. Car les fossiles de ce genre de petits lézards sont extrêmement rares. Il a été découvert des fossiles (seulement des mâchoires) de lézards datant du crétacé ressemblant à des scinques et qui furent probablement les plus anciens Scincomorphes. Mais rien ne dit que les espèces d’aujourd’hui soient issues de la même lignée, ce peut être seulement de très anciens cousins. Les fossiles clairement identifiés comme étant des scincidés et étant apparentés aux scinques d’aujourd’hui datent seulement du miocène... entre ces deux époques : rien, nada, que dalle ! Vu que ces lézards sont présents dans le monde entier, et vue la dérive des continents, on peut supposer que c’est un groupe ancien.

Car des scinques, il y en a partout ! Depuis les dunes du Sahara où nage le poisson de sables (non, je n’ai rien bu aujourd’hui !), aux  forêts tropicales de Bornéo en passant par les forêts tempérées du nord-est des Etats-Unis, mais aussi le sud de la France, sans oublier l’Australie où on observe une grande diversité d’espèces et même l’îlot de Clipperton, qu’on peut vraiment qualifier de « trou perdu » ! En fait, mises à part les zones tempérées froides et bien sûr les zones polaires ou de très haute altitude, où que vous alliez dans le monde, vous pourriez croiser un scinque.

Mais ils sont souvent très discrets. La plupart sont de petites espèces terricoles, mesurant pour l’écrasante majorité moins de 30 cm queue comprise, qui aiment creuser dans le sol pour se dissimuler, certains étant même des fouisseurs spécialisés. Il existe aussi de grandes espèces qui ne passent pas inaperçues comme les scinques à langue bleue australien qui exhibent une énorme langue toute bleue face à celui qui vient les déranger ou le scinque géant des îles Salomon, une des rares espèces arboricole qui plus est végétarienne, car la plupart des scincidés sont insectivores.

Quand on s’intéresse de plus près à ces lézards, on se dit : ils ne savent vraiment pas ce qu’ils veulent ces reptiles-là ! En effet, certains scinques ont des pattes bien développées, d’autres réduites, avec seulement deux ou trois doigts, et d’autres encore n’en ont pas du tout ressemblant à un orvet (ils sont apodes). La plupart ont un corps élancé et lisse avec une écaillure proche de celle des serpents, alors que d’autres ont un corps massif, une tête triangulaire et large et le corps couvert d’écailles épineuses. Enfin, il y des ovipares et des vivipares, chez ces derniers on trouve de nombreux cas de viviparité matrotrophique : les nutriments proviennent du sac vitellin (la « jeune d’œuf ») mais aussi d’échanges avec le corps de la femelle via un placenta simple. Dans de rares cas, le vitellus est très réduit, l’embryon tirant l’essentiel de ses besoins des échanges avec l’organisme maternel comme chez les mammifères placentaires… Il y a des espèces sociables, qui s’occupent de leurs jeunes, de leur ponte et même des monogames fidèles. D’autres sont solitaires et territoriales, supportant mal la proximité d’un de leur congénère et abandonnent leur progéniture. Cela monte surtout l’extraordinaire diversité de ce groupe, tant dans ses formes que dans ses mœurs. On y retrouve à peu près toutes les adaptations qui sont apparues au cours de l’évolution chez d’autres groupes de reptiles, hormis la fonction venimeuse (aucun scinque n’est venimeux) et la carapace…

 
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